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dimanche 26 octobre 2014

LE BERNIN (14) : LE MAUSOLÉE DU PAPE URBAIN VIII par comparaison avec les mausolées de Laurent de Médicis et de Paul III. 

A l'origine de la tombe construite par le BERNIN pour le pape Urbain VIII : 
MICHEL ANGE, LE MAUSOLÉE DE LAURENT DE MÉDICIS.

Laurent de Médicis, duc d'Urbin, neveu du pape Léon X, meurt en 1519. Son tombeau fut construit par MICHEL-ANGE entre 1524 et 1531.

Au dessus du sarcophage se trouve la statue du défunt, il ne s'agit pas d'une représentation réelle du duc d'Urbin mais beaucoup plus d'une expression de ce qu'il aurait pu être idéalement : cela se manifeste à l'évidence si on regarde le visage, traité comme celui d'un dieu grec. Laurent de Médicis est représenté en costume de général antique, sa tête est couverte d'un lourd casque dont l'ombre lui masque partiellement le visage. Tandis que l'une de ses mains s'appuie sur son genou en un geste presque impérieux de commandement, l'autre se trouve au niveau du menton semblant le soutenir en un geste empreint de méditation. Ce dualisme est révélateur de ce personnage qui bénéficia de tous les honneurs mais qui, à la fin de sa vie, se retira dans son palais menant une vie solitaire. On a appelé cette statue " le Penseur", ce terme est cependant impropre, Laurent de Médicis semble être plutôt perdu dans une méditation vague, qui préfigure la mort ; il ne regarde rien comme si le réel semblait ne plus exister : dans cette stylisation, Michel-ange a réussi cette étonnante synthèse de toute une vie avec représentation d'un conquérant sans scrupule et sûr de lui et d'un homme qui s'écarta de tout pour attendre la mort.

La statue est posée dans une niche mise en valeur par les colonnes doubles qui l'encadrent et bordées de deux fenêtres aveugles.

En dessous se trouve le sarcophage, posé sur deux pieds droits à même le sol. Sur le couvercle en forme de double volutes, Michel-Ange a représenté deux personnages à demi-couchés sur un drap ou un linceuil, ils posent le coude sur le couvercle, une de leurs jambes est appuyée sur ce couvercle, l'autre est pendante. Alors que la statue de Laurent révèle la méditation intérieure, prélude à la paix de l'âme, les deux allégories témoignent de cette habitude de Michel-ange d'appliquer à la pierre le non-finito et les torsions que l'on retrouve dans les pietàs et qui témoignent de l'hylemorphisme emprunté à la pensée d'Aristote. (dans le marbre, se trouve déjà la statue en devenir)

Les deux allégories figurent la Crépuscule et l'Aurore selon la terminologie habituellement employée par les historiens d'art  :
   . Le crépuscule est representé en tant qu'un homme d'âge mûr  aux formes lourdes qui semble fatigué et mélancolique, ses traits sont tirés et la tête s'incline vers le sol. On dirait que cet homme est las de vivre et qu'il aspire au repos, voire même au repos éternel.
   . L'aurore est représentée comme une belle femme qui semble se trouver au moment de son éveil. Son corps semble encore s'abandonner au sommeil, le visage est abaissé en arrière, seul le bras qui paraît légèrement s'étirer préfigure le réveil.

Ce qualificatif de Crépuscule et d'Aurore serait-il celui que Michel-Ange aurait choisi pour son œuvre ? N'y a t'il pas une autre possibilité ? Pour ma part, je suis tenté de penser que l'homme mur, fatigué de la vie, pourrait personnifier le duc d'Urbin lui-même et que l'aurore à peine éveillée pourrait évoquer son âme éternelle qui dort en attente du jugement dernier. Cette hypothèse m'est cependant personnelle.

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