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mardi 28 octobre 2014

LE BERNIN (15) LE MAUSOLÉE DU PAPE URBAIN VIII.


LE BERNIN : LE MAUSOLÉE D'URBAIN VIII.
le mausolée du pape Urbain VIII reprend l'architecture globale des tombes des Médicis de Michel-Ange avec une composition triangulaire comportant trois statues et un sarcophage central. Cependant, le BERNIN va lui donner une signification totalement nouvelle en canalisant le mouvement du regard dans une perspective de quasi-théâtralité.

Cette perspective n'existait pas dans les tombeaux des Médicis : les trois statues étaient, en quelque sorte, semblables et placées sur un même pied d'égalité, avec des personnages figés dans une posture plus hiératique que réelle, n'exprimant qu'une intense méditation, et constituant trois représentations symboliques d'un même personnage, le spectateur englobe ces trois représentations dans un seul regard et de cette conjonction nait la compréhension de l'œuvre.

Dans la tombe d'Urbain VIII, le Bernin ne demande pas au spectateur d'effectuer une quelconque synthèse de son œuvre, pour en comprendre la signification ; il lui suffit de laisser aller le mouvement de son regard avec trois lignes directrices possibles : un mouvement ascendant du sol à la statue, un mouvement descendant de la statue du pape au sol et enfin un mouvement latéral sur les deux allégories représentées de part et d'autre du sarcophage.

Le mouvement ascendant part du sarcophage. Celui-ci, à première vue, est semblable à celui de Michel-Ange : une cuve portée sur quatre pieds et un couvercle comportant deux volutes. Pourtant, à la différence du sarcophage des Médicis, celui du BERNIN est tout en courbe, en particulier au niveau de la cuve mais aussi à celui des pieds en forme de volutes.

Si on porte le regard vers le haut à partir de ce sarcophage, on aperçoit une représentation de la Mort. Celle-ci est sculptée en bronze rehaussé de feuilles d'or. La Mort se dresse, couverte d'un linceul doré qui lui recouvre encore la tête et la taille, son corps forme une courbe qui s'inscrit en sens inverse des deux volutes. On en aperçoit la tête à demi-couverte du linceul, le bras décharné et les jambes recourbées.

La Mort tient l'épitaphe du défunt pape d'une main ; de l'autre, elle semble terminer d'écrire  l'inscription (VRBANUS.VIII.BARBERINUS.PONT.MAX ) pour l'apposer ensuite  sur le piédestal de marbre qui domine le tombeau et où l'emplacement de l'épitaphe est déterminé par la couleur du marbre.

Qui est cette Mort ? Est-ce  une simple allégorie témoignant d'un état de fait, la mort d'Urbain VIII ? Est-ce plutôt le défunt pape dans son sarcophage qui se dresse une dernière fois pour écrire son épitaphe ? De telles représentations étaient communes aux 15éme et 16eme siècles. On ne sait quelle interprétation choisir. Comme toujours chez le BERNIN, le jeu des courbes et des contre-courbes se conjuguent pour créer des formes où domine l'impression de mouvement.

A SUIVRE

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