NOUVEAU THÈME :
J'ai précédemment effectué divers articles sur les trois pays baltes que je trouve fascinant. il manquait à cette étude la description des trois capitales, Vilnius, Riga et Tallinn. voici d'abord mes impressions sur RIGA capitale de la LETTONIE.

REMARQUE
. Tous les articles de ce blog ont été rédigés par moi-même sans emprunt littéral à d'autres auteurs, ils sont le fruit d'une documentation personnelle amassée au cours des ans et présentent ma propre vision des choses. Après tout, mon avis en vaut bien d'autres.
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jeudi 30 octobre 2014

LE BERNIN (17) : LE MAUSOLÉE DU PAPE URBAIN VIII

SUITE DE L'ARTICLE PRÉCÉDENT
De part et d'autre du sarcophage, se trouvent deux allégories de marbre blanc dont la couleur tranche vivement avec la couleur sombre du bronze utilisé pour représenter le Pape.

Ces deux statues sont à la fois semblables dans leur aspect général et très différentes par leurs attitudes.

Elles sont semblables par trois caractéristiques communes :
   . D'abord par le fait qu'elle ne sont plus couchés sur le sarcophage comme sur les tombes des Médicis et de Paul III, elles l'encadrent en s'appuyant sur lui, ce qui dynamise,
   . De même, elles portent des tenues semblables : une tunique plissée et un large manteau comportant un grand nombre de plis qui se superposent en de multiples courbes, leurs visages sont conformes à la fois aux modèles antiques et à l'expressivité habituelle des œuvres du Bernin
   . Enfin, elles sont toutes les deux accompagnées de deux Putti (tout à la fois enfants, Amours et angelots) nus, joufflus et potelés.
Ces ressemblances créent l'unité de style de la représentation de ces deux allégories.

Les différences entre les deux statues proviennent de ce qu'elles figurent les deux vertus cardinales que l'on attribuait au pape et que le pape s'attribuait : la Charité à gauche et la Justice à droite.

La Charité est représentée avec un visage empreint d'une grande bonté et de compassion : elle tient un enfant dans ses bras qu'elle semble bercer tandis qu'elle regarde avec tendresse un autre enfant qui se trouve debout à ses pieds.

L'allégorie de la Justice porte une épée dressée à la main, son coude est appuyé sur un livre fermé posé sur le couvercle du sarcophage, son visage est tourné vers le ciel. On a dit que la Justice de ce tombeau était représentée en tant qu'aveugle (la justice est souvent figurée les yeux bandés à l'image de son idéal d'impartialité) ; pour moi, ce visage quasiment extatique, est surtout tourné vers le ciel montrant que la justice terrestre doit être la transposition de la justice de Dieu, telle qu'elle est révélée dans les Évangiles et professée par le pape Urbain VIII.

La Justice est accompagnée par deux putti, l'un, à demi-dissimulé dans les plis du manteau, joue avec les plateaux de la balance, l'autre debout porte le faisceau romain.

Ces deux putti sont en exact correspondance avec ceux de la Charité :
     .  les deux putti représentés debout sont sculptés à la limite du tombeau, de part et d'autre des allégories,
     . l'autre putti, dans les bras de la Charité à gauche, semble être descendu pour jouer au pied de la Justice.

Ainsi se définit le second mouvement du regard passant du sarcophage alternativement aux deux allégories et montrant la manière dont la protection papale se produisait pendant sa vie terrestre.

On est avec ce tombeau aux antipodes de l'art hiératique de la Renaissance manifesté, entre autre, par les tombeaux des Médicis. Dans ce tombeau, tout est dans un double mouvement :
     . Le mouvement du regard du spectateur qui erre à son gré sur l'œuvre, passant d'une courbe à l'autre sans entrave, même si ce regard à été canalisé par l'artiste
     . Le mouvement des personnages sculptés  qui évoquent à la fois par leurs visages et par leurs attitudes, les sentiments qui les animent.

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