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lundi 20 octobre 2014

LE BERNIN (8) : LE BALDAQUIN DE SAINT PIERRE ( suite)

Pour réussir cette œuvre en honorant le cahier des charges imposé par le pape Urbain VIII, l'artiste créa un ensemble comportant essentiellement des formes courbes toutes en douceur ; rien ne heurte le regard qui peut errer librement au gré de son envie sans aucun obstacle pour l'arrêter : autant, on peut se sentir écrasé par un entablement massif portant des colonnes, autant ici, on ne perçoit ni démesure, ni expression de monumentalité  et de puissance : seule la grâce et l'harmonie sont de mise dans ce baldaquin.

En premier lieu, le BERNIN remplaça les colonnes droites habituelles par des colonnes torses en spirales. Il n'a pas inventé ce procédé car on le trouve déjà dans des œuvres de l'antiquité tardive, à l'époque où l'art greco-romain avait de nettes tendances maniéristes et inventait des formes nouvelles pour le simple plaisir de plaire.

Ces colonnes torses du baldaquin sont établies sur des bases de marbre sculptées aux armes pontificales et à celles des Barberini ( nom de famille du Pape Urbain VIII) et sont surmontées de chapiteaux de type corinthien. Comme le reste du baldaquin, elles sont en bronze, ce bronze provenant de la récuperation de celui du portique du Panthéon.

L'utilisation des colonnes torses par le BERNIN dans ce baldaquin n'est pas conçu en tant que motif décoratif, il a un rôle essentiellement religieux : le regard du fidèle a tendance à suivre la spirale de la colonne dans son élévation vers le haut, il est attiré par des multiples décorations qui se trouvent sur les colonnes, rangées de lignes, abeilles, puttis (petits enfants ailés évoquant à la fois des anges et Éros) jouant dans les branches de lauriers... C'est cette volonté d'élévation du regard qui explique et justifie les colonnes torses : ensuite, le regard, naturellement se portera vers le haut du baldaquin puis vers la coupole qui, rappelons-le,  figure la voûte céleste et le monde divin.

Pourtant, si l'on voulait  que cette élévation se produise, il ne fallait pas que le regard soit bloqué au sommet de ces colonnes par un entablement massif qui, par son horizontalité,  créerait une barrière. Pour l'éviter, Le Bernin va effectuer une deuxième innovation : il remplace  l'entablement par une courtine de draperies qui court sur les quatre côtés. Cette guirlande de bronze est une imitation de celles qui surmontaient les dais utilisés lors des processions du Saint-Sacrement.

Le baldaquin est donc conçu à la façon d'un dais processionnel : c'est à la fois parfaitement adapté au lieu, l'autel où s'effectue l'eucharistie et aux pratiques de la contre-réforme pour qui la somptuosité des cérémonies est de mise. Surtout, il est ressenti par le fidèle comme un ornement léger qui n'arrête pas le regard et lui permet de s'élever encore plus haut . Les petites banderoles du dais sont ornées de motifs d'abeilles et d'anges. L'entablement ne subsiste qu'aux coins surmontant les colonnes.

À SUIVRE

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