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mardi 21 octobre 2014

LE BERNIN (9) : LE BALDAQUIN DE SAINT PIERRE (fin)

Passée la courtine de draperies, on accède enfin à la partie haute :
   . Aux quatre coins, se trouvent des anges aux ailes déployées dont les tuniques sont froissées par le vent, ils tiennent des branches de lauriers.
   . Partant des entablements de coin, se trouvent des doubles volutes qui se rejoignent au niveau central pour porter un globe surmonté d'une croix.
   . Sur la corniche qui surmonte la courtine de draperies, se trouvent des putti qui peuplent l'espace, mi-Éros, mi-Ange, ils semblent s'agiter ; représentés en mouvement, ils créent une atmosphère de gaité et de jeunesse tout en présentant les attributs pontificaux.

Cette partie supérieure  du baldaquin ne peut se comprendre que si on la contemple dans la perspective de la coupole : au dessus de la courtine de draperies, on accède au monde céleste, on en aperçoit les premiers anges, leurs habits volant au vent semblent animés par le souffle de Dieu. Puis, par les volutes courbes qui portent le globe et la croix, on s'élève jusqu'au monde divin, symbolisé par la voûte de la coupole. Voici une expérience qui mérite d'être accomplie : en levant les yeux au delà des volutes de bronze, on a la sensation que le globe, la croix et les caissons de la coupole puis la lanterne constituent un ensemble si cohérent et si harmonieux que l'on se prend à évoquer le ciel et le monde celeste.

Ainsi, si on fait le bilan, on peut constater que Le BERNIN a parfaitement réussi dans la difficile tâche que lui avait confiée le Pape :

     . Il a construit un édifice tout en courbe, en légèreté et en grâce, qui tranche singulièrement avec la structure figée et solennelle de l'architecture du reste de la basilique : on en vient même à inverser l'ordre des valeurs en ayant l'impression que le baldaquin est l'élément essentiel et que le reste de l'église est simplement destiné à le mettre en valeur. Cette impression est encore renforcée quand le baldaquin est éclairé par les rayons du soleil, ils semblent effectuer un ballet qui se joue des courbes en les mettant en valeur.

   . Le baldaquin est aussi original dans la basilique en ce sens qu'il permet, par le biais des spirales et volutes, d'accéder sans obstacle du monde terrestre à celui de la voûte céleste. Ailleurs, partout dans la basilique, dominent les lignes horizontales des corniches et entablements qui semblent séparer le monde des hommes de celui de Dieu. Là, on peut établir directement le contact en s'élevant sans entrave vers le ciel.

  . Enfin, le baldaquin est tout mouvement :
         .  En premier lieu, par le regard que le baldaquin suscite chez le fidèle : dès l'entrée, il est attiré par l'édifice tant sa structure est différente du reste. Puis, quand il s'approche, les courbes et le décor lui permettent d'accéder directement au monde céleste.
         . En second lieu, par le mouvement inhérent au baldaquin lui-même, le vent qui secoue les voiles des anges, les puttis qui s'agitent..

Dans cette perspective, on peut comprendre que le baldaquin ait eu de très nombreux imitateurs (1) : les colonnes torses se banalisèrent de même que les putti et les draperies volant au vent... Le Bernin fut l'initiateur d'un style que ses détracteurs qualifièrent de péjorativement de baroque ( du portugais barrocco,  perle de forme irrégulière) ce qu'il ne mérite évidemment pas.

(1) on trouve même des reproductions du baldaquin à Verdun et à Montréal

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