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. Tous les articles de ce blog ont été rédigés par moi-même sans emprunt littéral à d'autres auteurs, ils sont le fruit d'une documentation personnelle amassée au cours des ans et présentent ma propre vision des choses. Après tout, mon avis en vaut bien d'autres.
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samedi 17 juin 2017

Le bonheur selon Epicure (4)

Suite de l'article précédent

 Epicure décrit ensuite les plaisirs naturels, il les relie à des valeurs morales et montre qu’il existe une étroite corrélation entre  l’état d’ataraxie et la pratique des valeurs morales : « il n’y a pas moyen de vivre agréablement si l’on ne vit pas avec prudence, honnêteté et justice, et.. il est impossible de vivre avec prudence, honnêteté et justice si l’on ne vit pas agréablement »

Cette corrélation entre l’état d’ataraxie et la pratique des valeurs morales paraît évidente si on constate ce qui se passe lorsque l’on ne respecte pas ces valeurs :
   . Être imprudent peut conduire un individu à effectuer des actions risquées qui pourraient se retourner contre lui. Ainsi, en roulant trop vite en voiture, on risque l’accident ; de même, le plaisir de boire devient vite une addiction et conduit à la dépendance, source de douleur et à de graves maladies. Il faut sans cesse agir de manière à préserver son équilibre de vie.
  . Être malhonnête, c’est risquer de se faire punir si ses malversations sont découvertes.
  . Agir de manière injuste, c’est se rendre haïssable à ceux qui subissent cette injustice et qui risqueront à leur tour de se venger.

Cette étroite corrélation entre ataraxie et valeurs morales se produit, selon Epicure, dans les deux sens :
   . La pratique des trois vertus, prudence, honnêteté et justice conduit à une vie agréable,
   . Une vie agréable amène l’individu qui la recherche à observer ces trois vertus.

Une telle conception peut sembler inaccessible à toute personne qui vit en société ; en effet, pratiquer la prudence, l’honnêteté et la justice  n’est pas le fait de tous les hommes ; il se peut en conséquence que l’on soit agressé par des gens malhonnêtes, injustes ou imprudents : même si on traverse une rue sur le passage pour piétons, on risque quand même de se faire renverser par un chauffard ! Il arrive aussi que l’on ressente soi-même que telle ou telle décision est profondément injuste et qu’elle nous amène à la souffrance, c’est le cas par exemple en cas de licenciement économique, c’est aussi le cas quand une personne n’ayant jamais fumé, découvre qu’elle est atteinte d’un cancer du poumon.

Epicure évoque succinctement ces cas en citant le cas spécifique de la maladie : « il y a des douleurs que nous estimons valoir mieux que des plaisirs savoir lorsque après avoir longtemps supporté les douleurs, il doit résulter de là pour nous un plaisir qui les surpasse ». À force de souffrir, il arrive que l’on puisse transcender sa douleur et l’assimiler comme composante de son ataraxie.

Cette règle peut être appliquée à tous les cas d’agressions qui peuvent se présenter mais il faut posséder un grand détachement de tous les événements fâcheux  qui peuvent se produire pour y parvenir. Afin de s’abstraire de toutes les perversions du monde extérieur et de la vie quotidienne, Epicure avait choisi de vivre à l’écart du monde dans un jardin plaisant à regarder, entouré d’amis avec qui il pouvait converser agréablement. À notre époque aussi, on voit aussi des gens qui quittent la ville parce qu'elle leur impose un mode de vie stressant pour aller élever des chèvres dans la montagne en se contentant de ce qu’ils ont comme le faisait Epicure.

A suivre,,

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