REMARQUE
. Tous les articles de ce blog ont été rédigés par moi-même sans emprunt littéral à d'autres auteurs, ils sont le fruit d'une documentation personnelle amassée au cours des ans et présentent ma propre vision des choses. Après tout, mon avis en vaut bien d'autres.
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mercredi 26 juillet 2017

L'île de Saint Martin aux Antilles (14) : l'époque précolombienne.

le MESOINDIEN (suite)
Sur le site de Baie Orientale 1, Les outils sont fabriqués à partir de quatre matières principales :

     . D’abord, on trouve du matériel lithique, soit des silex, soit des pierres volcaniques, soit des galets. La pierre volcanique est trouvée sur place ;  par contre, le silex étant absent de l’île, il fallait l’importer, sans doute d’Anguilla ou de Long Island.  Sur le site de Baie Oriental pris comme exemple, la matière première la plus importante est le silex sous forme de lames. Ces lames sont élaborées  par débitage au moyen de galets ou de nucléus de silex précédemment façonné. Les techniques ont évolué au fil du temps, car les premiers sites MESOINDIEN  montrent, qu’à l’origine, on utilisait des  galets grossièrement  débités (choppers et chopping tool)

     . Le deuxième matériel utilisé pour la fabrication des outils était les coquilles de lambis. Elles étaient débitées en forme de lames puis affûtées au moyen de coraux utilisés pour leurs propriétés abrasives (râpes et limes) .

L’organisation des ateliers de production de lames de coquillages de lambis (Strombus Gigas)  est particulière avec, au centre de l’aire, des fosses où l’on conserve des lames terminées ou en cours d’élaboration. Tout autour sont éparpillés des débris soit cassés, soit inutilisables, soit encore résultant de la taille des lames.  Ces lames devaient être utilisées de diverses manières, on s’en servait probablement pour façonner les canoës. Il était aussi possible de les attacher au bout de manches de bois, ce qui fait penser à certains qu’elles pouvaient servir à l’épluchage de tubercules, ce qui suggérerait l’existence d’une agriculture rudimentaire. En fait, il est plus probable que seule une économie de cueillette était pratiquée.

   . On utilise aussi la pierre volcanique locale pour fabriquer divers objets de la vie quotidienne comme mortiers, meules et pilons utilisés dans le cadre de l’économie de cueillette et obtenus au moyen de galets servant de percuteurs puis abrasés grâce à des coraux servant de râpes et de limes.

   . Enfin, les archéologues ont trouvé des objets en calcaire non utilisables en tant qu’outils qui pourraient être à vocation cultuelle ou cérémonielle. Le calcaire n’étant pas présent sur Saint Martin, on pense qu’il était  importé de Saint Barthélémy.

Certains ont fait  remarquer le côté rudimentaire de ces outils ; en fait, ils sont parfaitement adaptés aux usages qu’on en faisait.

A partir de tous ces éléments on peut en tirer les conclusions suivantes :
     . Cette population peut être caractérisée comme semi-nomade, la présence de foyers et d'aires de cuisson échelonnés dans le temps fait penser que les campements étaient fréquentés pendant une courte période, le temps d’exploiter leurs ressources marines ; les mésoindiens  les occupaient jusqu’à ce que ces ressources soient épuisées, ils revenaient ensuite quand le milieu marin s’était reconstitué. La présence de lames cachées dans des fosses creusées dans le sol renforce cette idée de retours périodiques.
     . Ces populations vivent essentiellement de la collecte de coquillages cuits sur des roches chaudes à laquelle s’ajoutent sans doute des activités de cueillette, de ramassage de racines et de tubercules qui seront pilées et cuites.
     . Leurs outils se composent essentiellement de lames, soit de silex, soit de coquillages.
    . Les objets façonnés en calcaire évoquent la présence de préoccupations cultuelles.
     . Enfin, ce sont des marins capables de se rendre dans les îles voisines, par exemple pour chercher du silex et du calcaire.

prochain article, le NEOINDIEN

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