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vendredi 25 août 2017

L'île de Saint Martin aux Antilles (20) : l'époque précolombienne.

 Le NEOINDIEN RÉCENT

La période du NEOINDIEN RÉCENT résulte, selon les archéologues, à partir du 9e siècle, d’une évolution de la culture cedrosan-saladoide sans que l’on puisse discerner des traces de nouvelles vagues  d’immigration (l’arrivée des indiens caraïbes se produira beaucoup plus tard vers le 12ème siècle). La cause de cette évolution est peut-être à chercher dans une évolution climatique avec la fin de la période humide qui avait caractérisé l’époque précédente et le développement croissant de  la sécheresse.

En se basant sur l’étude des céramiques, les archéologues ont émis l’hypothèse que la culture cedrosan-saladoide que l’on trouvait partout dans les Antilles s’était régionalisée et, par la même différenciée, avec création de deux grandes zones culturelles correspondant aux petites Antilles et aux grandes Antilles. Cette caractéristique induisit que les relations  inter-îles de l’époque cedrosan-saladoide qui concernait l’ensemble des Antilles se réduisirent peu à peu à des relations entre les  deux grandes zones culturelles indiquées ci -dessus.

Comme à l’époque précédente, Saint Martin, à la jonction des deux aires d’influence des Grandes Antilles et des Petites,  va subir successivement les influences culturelles venues du Sud avant de rejoindre l’orbe des civilisations des grandes Antilles.

Ces hypothèses ont été émises suite à l’étude des céramiques et détermination de poteries-types de chaque aire.

Les archéologues divisent l’époque du NEOINDIEN RÉCENT à Saint Martin en deux séries :
     . MARMORAN TROUMASSOIDE du nom des sites éponymes de Troumassos à Sainte Lucie et de Marmora à Antigua. (V 850-1200). La présence à Saint Martin, des  céramiques de cette série (divisée en deux sous-séries (styles Mill-Reef et Mamora bay)  fait penser que, pendant cette période, l’île se rattache à l’aire culturelle des petites Antilles .
    . CHICAN OSTIONOIDE (du nom de sites trouvés à Haïti et en République dominicaine) qui place désormais Saint Martin dans l’aire culturelle des grandes Antilles.

Parallèlement, les petites Antilles vont plutôt orienter leur horizon culturel vers le Sud : après une série appelée par les archéologues TROUMASSAN TROUMASSOIDE, (entre vers 500 et 1000/1200) on voit apparaître la série SUAZAN TROUMASSOIDE du nom de Savane Suazey à Grenade.

Ainsi, si on considère les informations données par les archéologues, on peut penser que Saint Martin fut peu à peu englobé dans la zone d’influence des grandes Antilles et de la civilisation des Tainos et être considéré comme une colonie ou un comptoir de cette grande civilisation. Cette caractéristique explique sans doute que les villages de cette époque soient situés sur le littoral caraïbe et sur la partie sous-le-vent des îles car c’est par là que passait les routes maritimes des Tainos. On assiste donc à une translation des sites précolombiens de l’Ouest puis au centre et enfin à l’Est de l’ile.

Hormis ces différences révélées uniquement par la céramique et par la localisation des sites, les modes de vie sont très peu différents de ceux de la période précédente : même organisation des villages avec dépotoirs périphériques, sites spécialisés, moyens de subsistance quasiment identiques avec toutefois une plus grande proportion de poissons et d’amphibiens que précédemment ( 70% sur les deux sites neoindiens récents de Baie aux Prunes et de Pointe du Canonnier), même utilisation des matières premières pour la fabrication de l’outillage…

Comment cette civilisation aurait évolué ? Peut-être avec un mode de vie semblable à celui des Tainos ;  l’arrivée des européens, en détruisant tout ce qui caractérisait les civilisations forgées en plusieurs millénaires, ne permit pas cette possible évolution.



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