NOUVEAU THÈME :
J'ai précédemment effectué divers articles sur les trois pays baltes que je trouve fascinant. il manquait à cette étude la description des trois capitales, Vilnius, Riga et Tallinn. voici d'abord mes impressions sur RIGA capitale de la LETTONIE.

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lundi 27 novembre 2017

LITUANIE (6) histoire d’une grandeur perdue

L’EXPANSION LITUANIENNE À L’EPOQUE DES GRANDS-DUCS VYTENIS (1295-1316)  ET GEDIMINAS (1316-1342)

suite de l'article précédent

Après une trentaine d’années de désordres dus aux conflits entre les princes lituaniens, un pouvoir central s’instaura à nouveau sous les règnes de Vytenis et de son frère  Gediminas. Ces deux grands-ducs vont poursuivre la double politique initiée par Mindaugas : contenir les velléités de conquêtes des ordres militaires, et organiser l’expansion vers la Rus.

C’est ce que montre la carte ci-dessous qui présente la situation à la fin de la première moitié du 14e siècle


En premier lieu, l’époque vit l’expansion de l’état Teutonique vers l’est et vers l’ouest :
   - vers l’est, il s’empara de la Pomerelie et de Dantzig,  coupant tout accès à la mer de la Pologne,
   - vers l’ouest, l’ordre conquiert, au détriment des prussiens, la région qui la séparait de la Lituanie. Désormais, leur état est au contact direct avec la frontière Sud du Grand-duché.

Rappelons que la  frontière Nord est bordée par l’ordre de Livonie, branche autonome des Teutoniques. Les ordres militaires, sous couvert de croisade contre les lituaniens païens, vont à nouveau  tenter de réunir leurs possessions en un seul tenant  par la conquête de la Samogitie. Leurs tentatives échoueront toutes à cette époque, comme à l'époque précédente.

Vers l'Est, la Lituanie se développe considérablement avec la conquête d’une grande partie des principautés les plus occidentales de l’ancienne Rus. Le cas des duchés de Minsk et Polotsk est révélateur de la méthode d’expansion de cette époque : ces deux duchés ont été épargnés par les invasions mongoles de 1237-9 mais les mongols pourraient revenir et s'emparer du pays ; pour l’éviter, ils demandèrent la protection du Grand-Duché de Lituanie et entrèrent dans sa vassalité avant d’y être incorporé postérieurement. Le cas de la Volhynie-Galicie est semblable, mais la Lituanie n’est pas le seul état en jeu dans la région car la Pologne est aussi désireuse de se développer vers le sud-est ; un partage survint en 1352 : la Galicie revint à la Pologne et la Volhynie au grand-Duché de Lituanie.

Cette expansion vers l’Est sur les anciennes terres de la Rus de la Lituanie va cependant se heurter à un concurrent de plus en plus menaçant : la Grande Principauté de Moscou

Cette principauté est née du démembrement  de la Grande-Principauté de Vladimir dont Alexandre Nevsky fut le Grand-Prince. Jusqu’alors, Moscou n’était qu’une petite ville sans grande importance appartenant à  cette principauté, elle fut brûlée par les Mongols lors de leur offensive de 1238 mais, à l’abri de ses forêts, la ville se développa, en particulier par l’afflux de réfugiés. En outre, la cité était située à proximité des routes de la Volga et du Don. Moscou fut donnée à un fils d’Alexandre Nevski, Daniel (1261-1303)  alors que la principauté de Vladimir se scindait en onze états rivaux ne reconnaissant plus que la suzeraineté nominale du Grand-Prince.

Les princes de Moscou ne cessèrent d’agrandir leurs possessions, soit directement avec conquête de territoires, soit par la mise en vassalité de principautés plus lointaines. Pour y réussir, Ivan 1er Kalita (escarcelle), fils de Daniel, prince de Moscou de 1325-1340 et contemporain de Gediminas usa d’une double politique ;
   . D’abord, Ivan 1er se rendit auprès du Khan de la Horde d’or et sut si bien y faire qu’il rentra en 1328 avec le titre théorique de « Grand-prince de Moscou, de Vladimir et de toute la Russie », ce qui servit ensuite à justifier toutes les prétentions  de la grande-Principauté de Moscou sur l’expansion vers la Rus.
   . Suite au massacre des collecteurs d’impôts dans la principauté de Tver, Ivan 1er montre au Khan qu’un peuple asservi ne peut manifester que de la haine envers l’occupant ; en conséquence, Ivan se proposa de  lever le tribut à la place des collecteurs du Khan puis de leur verser les sommes recueillies, cela rendrait, selon lui, plus admissible aux yeux de la population, la levée de l’impôt : c’est une politique particulièrement habile puisque verser un tribut à un prince était, à cette époque, synonyme de prise de possession.
   . Enfin, il obtint le transfert du siège du métropolite orthodoxe de Vladimir à Moscou, ce qui désigna cette dernière ville comme la capitale religieuse de la Rus.

L'expansion de la grande principauté de Moscou ne faisait à cette époque que débuter, elle devait inéluctablement se heurter à l’autre puissance qui avait déjà commencé une semblable expansion, le Grand-duché de Lituanie ; de  nombreuses guerres se produisirent entre les  deux puissances et aboutirent à la victoire de Moscou et à la disparition de la Lituanie.

A suivre

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