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dimanche 10 décembre 2017

LITUANIE (12) histoire d’une grandeur perdue

L’UNION DE LUBLIN (1569) ET LA CRÉATION DE LA RÉPUBLIQUE DES DEUX NATIONS,

Selon moi, l’union de LUBLIN qui renforça encore l’union de KREWLO entre la Pologne et la Lituanie, est la principale cause de l’abaissement et de la disparition du Grand-Duché de Lituanie.

A la différence de la Lituanie dont le pouvoir était resté autocratique, la Pologne s’était dotée, comme je l’ai écrit précédemment, d’institutions limitant le pouvoir du roi. Il existait en effet deux contrepoids à son action : le sénat (composé des évêques, de chevaliers et de dignitaires) et les députés, représentants des diétines (assemblées locales de nobles (3). Le roi, le sénat et les députés composaient à part égale la Diète.

Le pouvoir du roi fut encore davantage limité quand, en 1505, la Diète promulgua une nouvelle constitution appelée « nihil novi nisi commune consenti » (rien de nouveau sans l’accord de tous) : aucune mesure ne pouvait désormais  être prise par le roi sans avoir obtenu l’accord du sénat et des députés. Par cette disposition, le pouvoir réel appartint essentiellement aux deux chambres qui pouvaient bloquer toutes les initiatives royales ; or les deux chambres, composées par la noblesse, le clergé et les bourgeois se préoccupaient essentiellement de l’accroissement de leurs privilèges et de la préservation de leur richesse  sans beaucoup se soucier de l’avenir du royaume.

Jusque l’union de Lublin, la Lituanie pouvait encore disposer d’une certaine autonomie même si elle dépendait du même souverain que la Pologne,  l’acte de 1569 visa à l’unification  des deux états afin de constituer une « république des deux Nations » ayant une forme semblable d’organisation politique et sociale.

 Les discussions entre la Pologne et la Lituanie furent difficiles du fait des ambitions divergentes  des deux états : les lituaniens voulaient  maintenir leur autonomie ; les polonais voulaient, au contraire, rattacher plus étroitement que par le passé  la Lituanie à la Pologne. Le dilemme pour la Lituanie était soit d’être conquise par les russes, soit d’accepter la proposition polonaise. Ce fut la deuxième solution qui fut décidée.

En conséquence, la Lituanie intégra le système politique et social de la Pologne :
   . Au niveau de la diète commune furent incorporés 1/3 de députés lituaniens (1/3 à la Grande Pologne, 1/3 à la petite Pologne). Les lituaniens conservèrent cependant deux avantages : chaque état disposa d'une chancellerie, d'un trésor et d'une armée séparés ; en outre, aucune décision du roi de  Pologne n’était valide sans le sceau de la Lituanie.
   . Au niveau social, la polonisation de la Lituanie renforça la puissance des nobles. En tant que propriétaires terriens, ils prirent de nombreuses dispositions en leur faveur, exigeant que les paysans soient attachés à la terre, créant le servage et l’obligation des corvées. Peu à peu, la paysannerie libre fut obligée de s’incorporer dans les grands domaines.

Une dernière disposition de l’acte de Lublin enleva l’Ukraine et Kiev à la Lituanie pour la rattacher à la Pologne. Après la perte de ses territoires orientaux conquis par les russes, la Lituanie se vit déposséder de toute sa partie sud par la Pologne.


Ainsi, par ce traité de Lublin, la Lituanie dût accepter deux entraves qui obéreront son’avenir :
    . Elle dût abandonner la partie la plus riche de ses territoires,
    . Elle perdit peu à peu toute autonomie, fut obligée de se soumettre aux règles et décisions prises par la diète aristocratique et subit l’affaiblissement du pouvoir central à une époque où la guerre est constante.

Toutes les conditions sont mises en place pour que la République des deux Nations  disparaisse, ce sera fait en 1795.


 (3)Les diétines régionales devaient donner leur consentement avant de promulguer une loi, une levée de soldats ou la création de nouveaux impôts

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