NOUVEAU THÈME :
J'ai précédemment effectué divers articles sur les trois pays baltes que je trouve fascinant. il manquait à cette étude la description des trois capitales, Vilnius, Riga et Tallinn. voici d'abord mes impressions sur RIGA capitale de la LETTONIE.

REMARQUE
. Tous les articles de ce blog ont été rédigés par moi-même sans emprunt littéral à d'autres auteurs, ils sont le fruit d'une documentation personnelle amassée au cours des ans et présentent ma propre vision des choses. Après tout, mon avis en vaut bien d'autres.
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dimanche 17 décembre 2017

LITUANIE (15) histoire d’une grandeur perdue

LE PREMIER PARTAGE DE LA POLOGNE-LITUANIE DE 1772

Le partage de la Pologne-Lituanie ne se serait sans doute pas effectué si les circonstances internes survenues dans la République des deux Nations ne l’avait pas permis à l’époque du roi Stanislas Poniatowski (roi de 1764, date de son élection à 1795 date de son abdication)

Le roi Stanislas II Poniatowski a été jugé de manière diverse par ses contemporains : pour les uns, c’était un faible, incapable de lutter contre l’hégémonie russe et un velléitaire changeant d’avis selon les circonstances, se pliant à la volonté du plus fort et louvoyant sans cesse entre des incitations antagonistes ; pour d’autres, ce fut un roi courageux, épris des idées des lumières qui tenta de moderniser les institutions  de la République afin de lui permettre de garder son indépendance.

En fait, le roi fut tout cela à la fois car il lui fallait compter sur des forces qu’il ne réussissait pas à contrôler :
     . Il y avait d’abord cette vassalisation de fait de la République par la Russie, celle-ci impliquait que le pouvoir polonais soit aussi faible que possible afin de le dominer ; au nom de cette idée, la Russie avait intérêt à ce que se perpétue la paralysie du pouvoir et en particulier le liberum veto.
     . D’autre part, l'aristocratie s’était divisée en deux camps : d’un côté, se trouvaient des nobles réformistes qui voulaient transformer les institutions dans l’esprit de Montesquieu. L’autre camp comportait les conservateurs qui refusaient toute évolution au nom de ce qu’ils appelleront les trois «lois cardinales» : l'élection du roi, le liberum veto et les privilèges des nobles.

Le scénario qui conduisit au partage de 1772 est intéressant car il montre clairement comment se déroulèrent les événements dans leur logique implacable :
   . Tout commença par de timides réformes du roi dont une tentative pour limiter le « Liberum Veto», le roi s’attira les foudres des réformistes pour qui les décisions prises n'étaient pas assez ambitieuses, comme des conservateurs qui s’estimèrent menacés dans leurs privilèges ; Les conservateurs se groupèrent alors en une confédération dite de Radôme qui fit appel à la Russie et imposa au roi le respect des trois « lois cardinales ».
   . Mécontents de la capitulation du roi,  les réformateurs constituèrent la «confédération de Bar » dirigée à la fois contre les conservateurs  et contre le roi à qui ils reprochaient sa mollesse.
   . Il s’en suivit une guerre civile (1768-1772) avec d’une part le roi, l'armée russe et les conservateurs et d’autre part, la confédération de Bar. L’anarchie s’installa dans le République. Le risque se profila alors d’une intervention de la dynastie Habsbourg (1) que  la confédération de Bar avait appelé à l’aide.

Le partage de 1772 résulta donc d’une double conjonction qui aurait pu aboutir à une guerre entre l’empire Habsbourg et la Russie :
   . L’appétit de puissance de l’empire Habsbourg et de la Russie dans les Balkans pour s’emparer des terres ottomanes
   . La guerre civile entre les deux confédérations polonaises, l’une favorable à la Russie, l’autre sollicitant l’aide des Habsbourg.

C’est alors qu’intervint le roi de Prusse qui convainquit les deux autres puissances  que, plutôt que de laisser une guerre civile se développer dans la République, il serait plus judicieux, pour rétablir la paix,  de se partager entre puissances riveraines le soin de pacifier la région qui lui serait remise. c'est donc pour rétablir la paix que fut décidé de ce premier partage de la République ! Ce motif n'était, bien évidemment, qu'un prétexte permettant à chaque puissance de satisfaire ses ambitions territoriales  La diète, soudoyée, dût accepter ce premier partage.




Les deux puissances principales, Russie et Prusse, furent les grands gagnants de ce partage :
     . La Russie récupéra une nouvelle partie des terres lituaniennes de l’ancienne Rus.
     . La Prusse put unifier le royaume en s’emparant de la bande de terre qui séparait la Prusse orientale du Brandebourg.
     . La dynastie Habsbourg reçut des biens au nord de la Hongrie érigés en royaume de Galicie et de Lodomerie.






1- j’utilise le vocable « dynastie Habsbourg »  plutôt que le terme Autriche habituellement employé car celui-ci est restrictif de la puissance de cette famille qui, à cette époque, en plus de l’Archiduché d’Autriche possède, entre autre, les royaumes de Croatie, de Hongrie, de Bohème, la Grande-Principauté de Transylvanie, les duchés  de Carinthie, Carniole, Styrie, Salzbourg. le margraviat de Moravie... En 1772, ce n'est pas l'héritière des possessions Habsbourg Marie Thérèse qui porte le tire d'empereur  du saint Empire Romain Germanique mais son mari François de Lorraine, Marie-Thérèse étant une femme, elle ne pouvait en effet pas être élue à cette fonction.
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