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vendredi 29 décembre 2017

LITUANIE (18) : la préservation de la culture nationale

Suite de l'article précédent consacré à la Lituanie

La seconde phase de cette histoire culturelle de la Lituanie est celle qui se déroule entre la constitution du Grand-duché et la fin du 18ème siècle. Cette époque est marquée par une différenciation croissante entre les classes dirigeantes et le peuple des campagnes.

Les classes dirigeantes vont peu à peu s'imprégner du multiculturalisme résultant de l’évolution historique et des deux époques qui la compose :
     . La première époque correspondit à l'époque de l'expansion territoriale du Grand-Duché, les lituaniens se trouvèrent alors en contact avec les peuples orthodoxes de la Rus qui possédaient une culture élaborée et une civilisation  de l’écrit. Comme je l’ai écrit précédemment, si les lituaniens ne changèrent rien chez les peuples qu’ils soumettaient, c’est qu’ils n’avaient rien  à leur proposer ; à l’inverse, les lituaniens empruntèrent beaucoup aux peuples de la Rus et en particulier leur langue, le ruthène. Le ruthène devint bientôt la langue officielle  utilisée tant par la chancellerie que dans les textes officiels et dans les statuts qui régissaient l’état ; elle fut aussi la langue de communication permettant aux classes dirigeantes lituaniennes d'aborder, de comprendre et de s’intégrer aux  civilisations des pays qu'ils dominaient. .
     . Après les deux unions de Krevo et de Lublin, il apparut dans le Grand-Duché une influence grandissante de la Pologne. En 1697, le  polonais devint la langue employée par la chancellerie et remplaça peu à peu le ruthène. De même, l’émergence d’une classe de grands propriétaires terriens se différenciant de plus en plus de la paysannerie amena à leur polonisation spontanée  tant linguistique que culturelle, ce qui ravala le lituanien au rang de dialecte parlé seulement pas les paysans. L’influence polonaise dans le domaine culturel et linguistique culmina en 1570 avec la fondation de l’université de Vilnius dont les cours furent effectués seulement en polonais.

Ces caractéristiques conduisirent la Lituanie à élaborer une définition originale du pays : un lituanien n’est pas celui qui parle lituanien mais celui qui défend la liberté et s’appuie sur les statuts de Lituanie ; ainsi, le prince Ratziwill écrivit en 1615 :  «  bien que je sois né et mourrai lituanien, nous sommes obligés d’utiliser le polonais dans notre patrie ».

Une telle différenciation entre deux cultures s'était déjà observée dans les pays Estes et Lettons avec une classe dirigeante germanophone et des villageois parlant leur langue vernaculaire ; pourtant la situation est différente en Lituanie : la culture dominante ne fut pas le fait de colonisateurs s’étant partagé le pays, mais d'une scission interne des lituaniens eux-mêmes.

A suivre : l'évolution culturelle du peuple des campagne

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