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dimanche 3 décembre 2017

LITUANIE (9) histoire d’une grandeur perdue

suite de l'article précédent

L’apogée territoriale de la Lituanie à l’époque de Vytautas est due à deux ambitions du grand-duc : réduire la puissance de l’Ordre Teutonique et profiter de la faiblesse du khanat mongol pour s’étendre vers l’est.

Malgré la conversion officielle de la Lituanie au christianisme qui aurait dû faire cesser la croisade, l’Ordre Teutonique continua d’envahir régulièrement le grand-duché, non plus pour le convertir mais au nom de visées hégémoniques en particulier sur la Samogitie, ce qui aurait permis de réunir ses possessions en un seul tenant (voir les articles précédents sur l’histoire de l’Estonie et de la Lettonie). 

En 1410, les armées unies de Jagellon et de Vytautas vainquirent  l’Ordre à la bataille de Tannenberg (Grünewald). L’Ordre ne fut pas détruit mais il fut obligé de payer une lourde amende qui le ruina et rendit impossible, faute de moyens, toute nouvelle visée territoriale ; en outre, il dût renoncer définitivement à la Samogitie.

 L’expansion territoriale sur les terres de la Rus se caractérisa par deux politiques successives :
     . Argildas s’empara de la région de Kiev et du Sud de l’ancienne Rus en 1362 après avoir vaincu les armées du khan à la bataille des Eaux Bleues, il continua néanmoins à payer le tribut.
     . Vytautas cessa de payer le tribut au Khan consacrant l’indépendance de fait de la Lituanie. Puis, en 1404, il s’empara du duché de Smolensk ce qui créa une frontière commune entre la Grande Principauté de Moscou et la Lituanie et sera une source de conflits entre les deux états.


Parallèlement aux conquêtes lituaniennes, se produisit l’expansion  territoriale de la Grande Principauté de Moscou. Cette expansion fut cependant beaucoup plus difficile que celle du Grand-duché avec alternances de deux politiques :
   . Tantôt, le Grand-Prince tenta un coup de force en refusant de faire allégeance au Khan, celui-ci ne pouvait l’accepter ce qui le conduisit à faire intervenir les armées mongoles dans la principauté. Ce fut le cas sous le règne de Dimitri 1er Donskoi, (1359-1389), il l’emporta d'abord à la bataille de Koulikovo (1380), mais il ne put empêcher le Khan d'organiser une nouvelle expédition en 1382 qui envahit le pays en saccageant Moscou et les villes de la Grande-Principauté.
   . Tantôt, le Grand-Prince s’abaissa à renouer avec le Khan pour obtenir de lui de nouveaux avantages ; ce fut le cas de Vassili 1er (1389-1425) qui fit le déplacement à la cour du Khan, lui fit allégeance, fut nommé prince de Moscou et de Vladimir et acheta au Khan le droit de percevoir le tribut sur la Principauté de Nijni-Novgorod qui, ainsi, rentra ipso-facto dans son domaine.

Cette période est, selon moi, une époque charnière dans l’histoire de la Lituanie pour deux raisons :
  . En premier lieu, l’union entre la Pologne et la Lituanie, loin de renforcer la puissance des deux états, va, au contraire, conduire à leur déliquescence. Cela est dû au fait que le roi de Pologne n’était pas libre de ses mouvements : il existait en effet des contrepoids à son action car les décisions devaient obligatoirement être prises en commun par les trois Etats qui composent la diète (SEJM): le roi, le sénat (issu de l’ancien conseil du roi et composé d’évêques, de chevaliers et de dignitaires) et les députés, représentants des diétines  (assemblée de locales de nobles). Peu à peu, le sénat et les députés s’arrogeront de plus en plus de pouvoirs au détriment du monarque, cela aboutira à la paralysie de l’action royale et au déclin de la Pologne auquel sera associé la Lituanie.
.    . Cette affaiblissement de la Pologne-Lituanie permettra au pouvoir russe  qui se renforcera spectaculairement ultérieurement, de reprendre la prééminence et de lutter victorieusement contre les états de l’ancienne Rus encore indépendants, conte les Khanats mongols et contre la Lituanie.

Ainsi, après avoir atteint des sommets, la Lituanie va amorcer son déclin dès le 15e siècle.

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