NOUVEAU THÈME :
J'ai précédemment effectué divers articles sur les trois pays baltes que je trouve fascinant. il manquait à cette étude la description des trois capitales, Vilnius, Riga et Tallinn. voici d'abord mes impressions sur RIGA capitale de la LETTONIE.

REMARQUE
. Tous les articles de ce blog ont été rédigés par moi-même sans emprunt littéral à d'autres auteurs, ils sont le fruit d'une documentation personnelle amassée au cours des ans et présentent ma propre vision des choses. Après tout, mon avis en vaut bien d'autres.
. Toutes les citations de mes articles proviennent de recherches sur les sites gratuits sur Internet

samedi 23 décembre 2017

NOËL (1) : la crèche de saint François d’assise


Voici en cette avant-veille de Noël, trois articles concernant cette grande fête. Ces tris articles feront référence au passé pour comprendre le présent selon l'idée générale de ce blog. : 
   - le premier sera consacré à la crèche de saint François d'Assise
   - le deuxième sera consacré à une peinture de Rembrandt, l'adoration des bergers
   - dans le troisième j'essaierai de comprendre le message de Noël contenu au chapitre 2 de l'Evangile selon Saint Luc


Selon la tradition, la première crèche aurait été créée par Saint François d’Assise en 1223 dans la ville de Greccio ; on connaît les épisodes de la  création de cette crèche grâce à un livre hagiographique :  la « Vita Prima » de Thomas de Celano (+1260) ; reçu dans l’ordre  des frères mineurs par François lui-même, il fut chargé par le pape Grégoire 9 de rédiger la biographie du saint, mort en 1226 et canonisé en 1228.

Voici quelques extraits de son récit :

. Une quinzaine de jours avant Noël, François ..  fit appeler (un certain Jean) comme il le faisait souvent. « Si tu veux bien, lui dit-il, célébrons à Greccio la prochaine fête du Seigneur ; pars dès maintenant et occupe-toi des préparatifs que je vais t’indiquer. Je veux évoquer en effet le souvenir de l’Enfant qui naquit à Bethléem et de tous les désagréments qu’il endura dès son enfance ; je veux le voir, de mes yeux de chair, tel qu’il était, couché dans une mangeoire et dormant sur le foin, entre un bœuf et un âne.» L’ami fidèle courut en toute hâte préparer au village en question ce qu’avait demandé le saint.

Le  jour de joie arriva, le temps de l’allégresse commença.... Hommes et femmes, les gens du pays, l’âme en fête, préparèrent, chacun selon ses possibilités, des torches et des cierges pour rendre lumineuse cette nuit qui vit se lever l’Astre étincelant éclairant tous les siècles. En arrivant, le saint vit que tout était prêt et se réjouit fort. On avait apporté une mangeoire et du foin, on avait amené un âne et un bœuf. Là vraiment, la simplicité était à l’honneur, c’était le triomphe de la pauvreté, la meilleure leçon d’humilité ... La nuit se fit aussi lumineuse que le jour.. . Les foules accoururent, et le renouvellement du mystère renouvela leurs motifs de joie. Les bois retentissaient de chants, et les montagnes en répercutaient les joyeux échos... toute la nuit se passa dans la joie. Le saint passa la veillée debout devant la crèche, brisé de compassion, rempli d’une indicible joie. Enfin l’on célébra la messe sur la mangeoire comme autel ..

François revêtit la dalmatique, car il était diacre ...prêcha ensuite au peuple et trouva des mots doux comme le miel pour parler de la naissance du pauvre Roi et de la petite ville de Bethléem. Parlant du Christ Jésus, il l’appelait avec beaucoup de tendresse « l’enfant de Bethléem », et il clamait ce «Bethléem » qui se prolongeait comme un bêlement d’agneau, il faisait passer ... tout son amour.

Au nombre des grâces prodiguées par le Seigneur en ce lieu, on peut compter la vision admirable dont un homme de grande vertu reçut alors la faveur. Il aperçut couché dans la mangeoire un petit enfant immobile que l’approche du saint parut tirer du sommeil. Cette vision échut vraiment bien à propos, car l’Enfant-Jésus était, de fait, endormi dans l’oubli au fond de bien des cœurs jusqu’au jour où, par son serviteur François, son souvenir fut ranimé et imprimé de façon indélébile dans les mémoires. Après la clôture des solennités de la nuit, chacun rentra chez soi, plein d’allégresse.

Suite à cet événement, les crèches se multiplièrent un peu partout dans les villages autour de Grecchio puis dans toute l’Italie et dans l’ensemble du monde chrétien. Très rapidement,  on remplaça les crèches vivantes par des statuettes telles qu’on les connaît actuellement.

Ce texte montre une vision de Noël bien différente de celle que nous vivons actuellement : les maître-mots de ce récit sont d’une part pauvreté, humilité, simplicité et d’autre part allégresse ferveur, joie,  âme en fête. Dans ce texte, les deux sont étroitement liés et semblent faire penser que c’est quand on s’est dépouillé de tous les artifices inventés par les hommes pour se croire heureux que l’on peut atteindre ce bonheur indicible évoqué dans texte évoque.

De nos jours, c’est l’inverse qui se produit, Noël est devenu la fête de la consommation, on ne peut atteindre le bonheur que dans la surabondance, ce n’est pas d’ailleurs pour rien que l’on a remplacé le symbole du nouveau-né dans la crèche par celui du père Noël hérité de la publicité effectuée par une  multinationale capitaliste.

Afin de montrer cette inversion des valeurs je voudrais associer ci-dessous une photo représentant les personnages d’une crèche du Rwanda qui évoque pour moi l’ambiance humble et dépouillée du texte de Thomas de Celano et une affiche publicitaire mettant en scène le Père Noël.


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