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mardi 2 janvier 2018

LITUANIE (20) : la préservation de la culture nationale

BONNE ANNÉE A TOUS LES LECTEURS DE CE BLOG

Suite de l'article précédent

Dans ce processus d’élaboration de l’écrit lituanien, il convient de faire une place à part au théologien catholique, Mikalojus Dauska ( v1527-1613),  particulièrement important pour deux ouvrages :
     . Il fit d’abord paraître en 1595, dans l’esprit de la contre-réforme, un catéchisme traduit en lituanien de la version polonaise de l’oeuvre d’un jésuite espagnol Jacobo Ledesman et pour cela élabora sa propre transcription alphabétique du lituanien. Ce fut le premier livre qui fut publié en Lituanie même
     . En 1599, il publia un livre en lituanien  appelé « Postilla Catholica » (sermons thématiques inspirés de la lecture  de la bible « post illa verba textus" ) ;  dans la préface de ce livre,  il déplore le fait que la langue lituanienne soit ainsi supplantée par le polonais et n’ait pas servi de ciment de l’unité nationale.

Un extrait de cette préface mérite d’être cité car il est prémonitoire du mouvement qui mènera à la constitution d’une nation lituanienne :

«  Permettez-moi de vous demander: y a-t-il dans le monde une nation aussi pauvre, qui n'a pas ces trois choses fondamentales: la patrie ancestrale, les coutumes et la langue maternelle? Toujours et partout, les gens ont parlé leur langue maternelle et ont toujours lutté pour la protéger, l'embellir, l'améliorer et la perfectionner.

Nulle part sur terre, il n'y a une nation si misérable que d'abandonner sa propre langue maternelle. Chaque nation aspire à utiliser sa langue maternelle pour ses lois, ses affaires d'État, sa littérature, et souhaite l'utiliser fièrement et convenablement en tout temps, que ce soit dans l'église, au travail ou à la maison....

Ce n'est pas la générosité de ses récoltes, ni le caractère distinctif de ses vêtements, ni la beauté de ses campagnes, ni la force de ses châteaux et villes qui font une nation .. ; C'est plutôt le maintien et l'usage de sa langue maternelle qui renforce la fraternité, la paix et l'amour fraternel. Car notre langue est notre lien d'amour commun, la mère de l'unité, le père de la solidarité civique, le gardien de la nation. Si vous détruisez notre langue, vous détruisez la coopération, l'unité et le bien-être. » (1).

Cet appel ne fut évidemment  pas entendu à son époque !

Ainsi, à l’aube du 19eme siècle, la Lituanie associait trois niveaux culturels :
     . Une dominante culturelle polonaise utilisée par les classes dirigeantes et l’aristocratie,
     . Une culture effectuée par transmission orale du peuple lituanien,
     . Une culture écrite du lituanien cantonnée simplement à des livres religieux et des outils permettant de les traduire.

(1) Cette phrase, bien que datant de la fin du 16è siècle, est toujours d’actualité au moins si on considère l’état de la langue française qui subit perpétuellement les attaques sournoises d’un colonialisme linguistique venu des États-Unis, colporté par une pseudo élite éprise de snobisme et soucieuse de se distinguer des autres. Il suffit de regarder les publicités et le jargon utilisé dans certaines revues pour se rendre compte du danger que représente pour la langue française cette invasion insidieuse.

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