NOUVEAU THÈME :
J'ai précédemment effectué divers articles sur les trois pays baltes que je trouve fascinant. il manquait à cette étude la description des trois capitales, Vilnius, Riga et Tallinn. voici d'abord mes impressions sur RIGA capitale de la LETTONIE.

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jeudi 4 janvier 2018

LITUANIE (21) : la préservation de la culture nationale

suite de l'article précédent

La troisième et dernière phase de l’élaboration de la langue et de la culture nationale lituanienne se produisit à partir du début du 19e siècle ; elle procéda de l’esprit des lumières et des idées développées lors de la révolution française. Cette dernière avait familiarisé les peuples avec le concept d’idée nationale, comme l’avait déjà fait M Dauska (voir article précédent) auparavant, avec la nécessaire conjonction entre la langue, la culture et la nation.

Il apparut alors deux conceptions dans cette élaboration de l’idée nationale :
   . Les uns pensaient que la langue nationale devait être le polonais en tant que culture dominante de l'époque ; la langue du peuple pouvait être enseignée dans les écoles primaires mais il fallait aussi que les enfants apprennent le polonais en tant que langue principale.
   . Les autres suivaient les idées de J Gottfried Herder selon lesquelles l’esprit de la nation se trouvait dans la langue du peuple : la nation ne pouvait se concevoir qu’en rassemblant des gens parlant la même langue, ayant la même histoire et un destin commun. Dans cette perspective, la langue du peuple ne pouvait plus être seulement un outil de communication, il devait aussi être un outil de culture.
En conséquence, l’aristocratie devrait choisir entre deux alternatives, rester une minorité culturelle ou s’intégrer.

Cette seconde théorie  amena quelques intellectuels lituaniens et samogitiens  polonophones de l’université de Vilnius à intéresser à la langue lituanienne et à réfléchir aux moyens d’en faire une langue de culture.

Ils se livrèrent d’abord à un travail sur l’écriture de la langue lituanienne avec deux objectifs principaux :
     . Faire en sorte que la langue soit commune à tous les lituaniens au-delà des nuances régionales,
     . Établir une synthèse des différents alphabets existants et créer, à partir de l’alphabet latin,  un outil commun qui se différencierait à la fois de l’allemand et du polonais.

Ces intellectuels se livrèrent à un véritable travail de philologue en supprimant des lettres, en créant des accentuations et en créant des mots nouveaux par analogie avec des mots des autres langues. Par contre, ils conservèrent la grammaire ancienne dont j’ai déjà noté la complexité.

Ainsi fut forgée une langue utilisant une écriture phonétique : en déchiffrant les lettres, on peut pratiquement prononcer le mot et inversement.

Parallèlement apparurent des ouvrages visant à promouvoir l’histoire et les traditions lituaniennes :
   . Les premiers dainos sont recensés et publiés, un premier recueil est imprimé en 1825 à Köenigsberg ; en 1853, 410 dainos sont édités. Ces publications vont permettre un grand développement du chant choral qui reste encore actuellement un des moyens de propagation de la culture lituanienne.
   . Les premiers livres sur l’histoire de la Lituanie paraissent (1822), ils magnifient les temps anciens et les mythes du passé ancrant l’idée que la Lituanie pouvait se glorifier de son histoire.
   . Enfin apparaissent de nombreux recueils de poésie qui présentent une vision idéalisée de la terre lituanienne et montre l’accord existentiel et viscéral entre le lituanien et sa nature.

A suivre.

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