NOUVEAU THÈME :
J'ai précédemment effectué divers articles sur les trois pays baltes que je trouve fascinant. il manquait à cette étude la description des trois capitales, Vilnius, Riga et Tallinn. voici d'abord mes impressions sur RIGA capitale de la LETTONIE.

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. Tous les articles de ce blog ont été rédigés par moi-même sans emprunt littéral à d'autres auteurs, ils sont le fruit d'une documentation personnelle amassée au cours des ans et présentent ma propre vision des choses. Après tout, mon avis en vaut bien d'autres.
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samedi 6 janvier 2018

LITUANIE (22) : la préservation de la culture nationale

Suite de l'article précédent et fin du chapitre

 Ce mouvement national et cet ancrage culturel autour de la langue lituanienne vont être brusquement bridés par la politique de russification de l’occupant à partir de 1863. Le gouvernement russe, jusqu'à cette date, avait lutté contre la domination dans la culture du polonais en imposant le russe ; ainsi, il avait fait fermer l’université de Vilnius dont l’enseignement était dispensé en polonais. Jusqu’alors, il s’était désintéressé de l’utilisation de la langue lituanienne qu’il considérait comme un simple patois destiné à disparaître avec le progrès.

La politique russe fut brutale, elle s’organisa autour de deux dispositions principales auxquelles les lituaniens surent faire face :

1-Les russes imposèrent  l’utilisation de l’écriture cyrillique au lieu de l’alphabet latin ce qui conduisit les lituaniens à répliquer de trois manières :
          . Faire imprimer en Prusse orientale, les livres en lituanien et les faire transporter clandestinement par des passeurs de livres qui risquaient de lourdes peines s’ils étaient pris.
.         . Créer, également en Prusse orientale, une revue appelée Varpas qui parut de 1888 à 1905 et regroupa un cercle d'écrivains développant une littérature dont la caractéristique principale fut l’amplification de l’identification des lituaniens à leur terre nationale.
          . Développer la pratique du chant choral à partir des dainos, comme moyen de prouver son identité lituanienne.

2-Le gouvernement du tzar  imposa aussi que les écoles, mêmes élémentaires, enseignent en russe. Cela fut contré par l'église catholique qui incita les parents à ne pas mettre leurs enfants dans ces écoles et créa des écoles clandestines tenues dans les maisons privées par un paysan un peu lettré. A la fin du 19e siècle, selon les chiffres que j’ai pu consulter, 46% des paysans lituaniens savent lire.

La politique de russification forcée cessa en 1904, ce qui permit à la littérature lituanienne de se développer plus librement et de participer pleinement à l'éclosion de la culture lituanienne

Cette liberté de création ne dura cependant pas longtemps puisqu’en 1940, la Lituanie tomba sous le joug des communistes russes, les écrivains et les artistes durent s’adapter aux ordres de Moscou, ils ne retrouvèrent leur pleine liberté après la fin de l’époque soviétique.

Ainsi, l'élaboration de la culture lituanienne s’est effectuée en un court laps de temps, coupée par la période de russification puis par celle du communiste : de 1800 à 1863 puis de 1904 à 1940 et depuis 1990. Cette caractéristique explique que cette culture a été essentiellement orientée vers la symbiose entre les hommes et la nature afin de recréer une unité  nationale à partir des paysages du pays, de la vie quotidienne des gens,  des mythes ancestraux et de la grandeur passée du pays.

Pour le montrer,  je voudrais citer,  en guise de témoigne, un poème écrit en 1895  appelé « Lituanie » du grand écrivain Maironis (1862-1932)

 Quand le soleil du printemps se disperse des ombres de la bruyère,
Quand le foin rencontre la main du moissonneur,
Quand le chaume est tout froid et déchiré -
     Toujours juste est notre terre natale.

Dans les neiges de l'hiver, dans l'extase de l'été,
     Aucune n'est plus chère, plus belle que toi.
Dans les rayons lumineux du soleil ou dans les jours nuageux
     Notre cœur revient à notre maison,

Là où nos pères se reposent et leur mémoire est bénie,
     Où notre sueur a arrosé le terreau.
     Dans la joie et la misère, la quiétude et la lutte,
     Soyez,  terre bien-aimée plus que la vie.

Notre hommage est dû et nos cœurs sont vrais
     Au pays de notre liberté.
     Dans sa cause, nos pères s'efforçaient et saignaient,
     Dans sa cause, notre sang sera encore répandu.
     Au pays de notre liberté.

Que le Seigneur de la grâce défende la place
     Où sont les ossements de nos ancêtres. 
Ta main puissante protège la terre
     Où tes enfants souffrent et meurent.

     Jette encore sur notre maison la lumière de ta miséricorde;
     Encore nous entendez, Seigneur de la force éternelle.

Prochain article : LITUANIE : la colline des croix

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