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samedi 20 janvier 2018

PAYS BALTES (6) : un douloureux passé : la situation des paysans au 18è siecle

Suite de l'article précédent

De nombreux écrits émanant de visiteurs et de philosophes français animés par l’esprit des lumières ont évoqué la situation lamentable des serfs des trois actuels pays baltes, en voici quelques extraits :

     . «  Les gentilshommes polonais (l’auteur de cet extrait parle en réalité de la République des deux Nations) ont droit de vie et de mort sur les paysans, chacun sur ceux qui leur appartienne. Ces paysans sont esclaves, ils ne peuvent rien posséder, tout ce qu’ils amassent est pour le seigneur qu’ils ne sauraient quitter sans sa permission (Gaspard de Tende, sieur de Hauteville, relation historique de la Pologne,  1687)

     . « Les paysans sont pauvres et misérables, ne possèdent quoy que ce soit au monde et sont sujets à des seigneurs qui les traitent avec plus de tyrannie qu'on ne fait des forçats » (Moreri : dictionnaire historique)

     . « Il paraît de ce détail que le duché de Lituanie doit être regardé comme un pays qui peut fournir toutes les choses nécessaires à la vie ; mais cet avantage n’est que pour les nobles ; les paysans y sont encore plus malheureux qu’en Pologne ; leur état est pire que celui des esclaves de nos colonies ... Un seigneur qui tue quelqu’un de ces malheureux, en est quitte pour une légère amende ; il n’y a pas longtemps que la coutume de vendre les hommes subsistait en Lituanie ; on en voyait qui, nés libres, vendaient leurs enfants pour soulager leur misère, ou se vendaient eux-mêmes, pour pouvoir subsister » (Chevalier de Jaucourt, encyclopédie article Lituanie))

     . Le serf «  ne saurait dire mon champ, mes enfants, ma femme ; tout appartient au seigneur, qui peut vendre également le laboureur et le bœuf. (Chevalier de Jaucourt, encyclopédie article Pologne)

L’abbé Raynal dans son tableau de l’Europe de 1774, paru un peu après le premier partage donne une intéressante conclusion en écrivant que la Pologne « qui, n'ayant qu'un peuple esclave au dedans, mérite de ne trouver au dehors que des oppresseurs » (les trois puissances qui ont dépecé la République des deux Nations)

Le sieur de Hauteville,  dans sa relation historique de la Pologne, donne inintéressantes précisions sur la vie quotidienne des serfs et d’abord sur leur installation dans un village :

« Ils sont réduits à être esclaves toute leur vie et à travailler continuellement sans avoir un jour de repos, »

«  Pour établir un paysan dans une terre ou dans un village, le seigneur lui fait dresser une méchante maison de bois, il lui donne deux petits chevaux, une vache, des poules, des oies et du seigle pour une année..., il lui assigne dans le village une certaine étendue de terre qu’il doit labourer pour lui et dont il doit se nourrir dans la suite car tous les biens du village appartiennent au seigneur.
L’établissement d’un paysan ne coûte à un gentilhomme que l’achat qu’il en fait ...parce que les autres paysans du village bâtissent la maison et fournissent les bestiaux et les volailles.

Après cela, est obligé avec sa femme et ses enfants de travailler quatre jours la semaine pour son maître, ne pouvant employer que les deux autres jours à cultiver les terres qu’on lui a donné pour sa subsistance. »

Quand le temps de la moisson est venu, les paysans d’un même village vont tous ensemble scier les blés et faire la récolte pour leur seigneur qui commet des gens, qui les font travailler à coup de bâton. On punit les paysans avec un espèce de pilori »

À suivre..

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