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mercredi 24 janvier 2018

PAYS BALTES (8) : un douloureux passé : la situation des paysans au 18è siecle

Suite de l'article précédent

Le logis d’habitation de cette ferme du 18ème siècle a été transformé et amélioré au 19e siècle, si bien qu’une partie de la structure ancienne n’est plus visible. Cela explique la raison pour laquelle j’ai dessiné à gauche la maison telle qu’elle devait être et à droite, la maison actuellement visitable.

Les murs sont faits d’un assemblage de poutres horizontales  entrecroisées aux coins entre lesquelles il devait se trouver une étanchéité.

Le toit est à pans recoupés, il est couvert de chaume et est surmonté de deux planches de faîte qui devaient être tenus par des morceaux de bois en forme de croix de Saint André (c’est ce que l’on peut observer dans d’autres fermes). C’est au niveau du toit que se trouve la principale transformation survenue au 19è siècle.
     . Autrefois, il devait exister, comme dans d’autres maisons du musée, un trou triangulaire d'évaluation des fumées au niveau du faîte de toit.
   . La maison actuelle comporte une cheminée, en sorte que le trou d’évacuation des fumées a été supprimé

Le toit déborde largement des murs de la maison, c’est sans doute pour les protéger mais aussi pour créer un espace extérieur de vie en plein air ; là actuellement, se  trouve un banc.

La maison n’est pas surélevée comme le sont les greniers.

Au niveau du plan, la maison ne comporte qu’une seule pièce accessible par un corridor d’entrée ; en conséquence, la porte de la maison est déportée vers le coin droit.

Dans cette pièce, éclairée par trois fenêtres, la famille vit, travaille et dort. Son aménagement intérieur visible actuellement, a été modifié par rapport à la situation du 18ème siècle :
     . Une grosse cheminée a été installée dans un des coins, elle sert à la fois au chauffage de la pièce mais aussi pour faire la cuisine ; des cordes permettent de faire sécher le linge ainsi que les aliments. Le gros bloc au niveau central de la photo, est le conduit d’évacuation des fumées.
     . La pièce comporte de nombreux meubles avec en particulier des armoires que l’on a placées ici devant le lit. Les murs de poutres assemblées ne sont plus visibles car ils ont été crépis, le sol se compose d’un plancher de bois.


Cette situation n’était sûrement pas celle du 18è siècle. Pour avoir une idée de celle-ci, on peut utilement se reporter à la description du sieur de Hauteville (relation historique de la Pologne, 1687) qui vaut autant pour la Pologne que pour la Lituanie unies à cette époque dans la "République des deux Nations" et aux articles Pologne et Lituanie de l’Encyclopédie écrits par le chevalier de Jaucourt.

« Leurs  meubles ne consistent qu’en quelques vaisselle de terre ou de bois et un méchant lit qu’ils font eux-mêmes dans lesquels ils mettent un peu de paille et de plumes avec une méchante couverture... leurs enfants ne couchent jamais dans des lits mais sur des planches à l’entour du poêle qui, (en) plusieurs lieux, leur sert encore à cuire le pain et apprêter leurs petits pots de cachat (gruau)  et de racines. Comme cette forme de poêle est sans cheminée par où la fumée puisse sortir, le haut des chambres est toujours empli d’une fumée qui ne sort que par une petite fenêtre. Il est impossible de coucher en hiver sans poêle. La plupart de ces maisons de la campagne sont en bois, sans fontaine » (sieur de Hauteville)

« Chaque seigneur est obligé de loger son serf. C’est dans une très pauvre cabane, où des enfants, nus sous la rigueur d’un climat glacé, pêle-mêle avec le bétail, semblent reprocher à la nature de ne les avoir pas habillés de même.» (Chevalier de Jaucourt)

Les deux auteurs évoquent aussi les repas des paysans :
«  Ils ont tous les jours à leur dîner trois ou quatre sortes de repas : l’un de pois avec un peu de lard, l’autre de gruau (cachat) d’orge ou de millet ou de blé Sarrazin, et les autres de différentes racines qu’ils ont en quantité." (Sieur de Hauteville)

"Ils ne mangent que du pain noir comme la terre qu’ils sèment, ne boivent que d’une bière détestable, ou du médon, breuvage de miel cuit avec de l’eau, portent des chaussures d’écorces de tilleul et n’ont rien en propriété. »(Chevalier de Jaucourt)

Le sieur de Hauteville donne aussi quelques traits marquants de la vie quotidienne des paysans :

« Les enfants des paysans vont tout nus jusqu'à l’âge de 4 ou 5 ans, même les filles. On ne leur apprend pas à marcher ; dès qu’ils sont un peu forts, la mère les met sur le pas de la porte où peu à peu, ils se tiraient et se relèvent d’eux-mèmes.

Les paysans s’habillent en hiver d’une veste de peau de mouton avec la laine, en été, ils ont un justaucorps de l’étoffe et de la couleur des ramoneurs de cheminée avec un méchant bonnet... le plus souvent, ils ont des souliers qu’ils font eux-mêmes avec de l’écorce de tilleul »

A suivre

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