REMARQUE
. Tous les articles de ce blog ont été rédigés par moi-même sans emprunt littéral à d'autres auteurs, ils sont le fruit d'une documentation personnelle amassée au cours des ans et présentent ma propre vision des choses. Après tout, mon avis en vaut bien d'autres.
. Toutes les citations de mes articles proviennent de recherches sur les sites gratuits sur Internet

vendredi 26 janvier 2018

PAYS BALTES (9) : un douloureux passé, l'évolution de la condition paysanne aux 19e et 20e siècles

Suite de l'article précédent

À partir du début du 19e siècle, suite à l’onde de choc suscitée par la Révolution française et jusque 1861, les gouvernants russes des pays baltes prirent progressivement des mesures d’abolition du servage. Ces décisions ne changèrent cependant rien à la situation des paysans : en effet, les barons acceptèrent l’émancipation de leurs paysans ; en échange, il fut reconnu officiellement à ces barons la pleine possession des terres paysannes. Du fait de cette possession, les paysans durent payer un bail au propriétaire ; comme ils en étaient incapables, le bail fut commué en corvées, ce qui ne changea pratiquement rien au système précédent.

En 1861, le tzar Alexandre II promulgua la loi d'émancipation du servage sur tout le territoire russe dont faisaient partie les pays baltes  avec l’autorisation donnée aux paysans de pouvoir racheter les  terres qu’ils occupaient ; cette loi  aggrava même la situation des paysans qui furent incapables de racheter leurs terres. Il s’en suivit une vaste politique d’expropriation, les « manoirs» s’agrandirent parfois démesurément. Pour cultiver ces immenses domaines, les barons embauchèrent des ouvriers agricoles émanant souvent des paysans expropriés. Ainsi, se développa à la campagne un prolétariat rural exploité.

 Pourtant, lentement et grâce à des prêts bancaires, les paysans purent peu à peu racheter leurs exploitation ; le niveau de vie s’améliora lentement avec mise en place d’une classe paysanne aisée. Cette évolution est bien visible à l’écomusée de Riga comme en témoigne l’exemple d’une ferme de Courlande.

La maison comporte encore les éléments essentiels de l’architecture rurale antérieure : des murs de poutres horizontales  entrecroisées aux coins, un toit de chaume comportant un trou d'évacuation des cheminées et des planches en forme de croix de saint André, un plan de base comportant une pièce de vie et un couloir.

Cependant, le propriétaire a transformé cette forme de base avec trois adjonctions :
     . La création d’un soubassement de pierres qui permet d’isoler le plancher du sol,
     . La création d’une pièce supplémentaire qui dédouble l’unique pièce de vie d’autrefois,
     . L’apparition d’une cheminée desservant a la fois la pièce de vie et une cuisine,
     . Le développement des greniers au-dessus des pièces de vie accessibles par l’entrée

L’entrée dans la maison se fait par une porte centrale précédée d'un escalier. Passée cette porte, on se trouve dans un large vestibulee qui sert à la fois d’accès aux greniers où sont entreposés les réserves et les outils  et aux différentes pièces du logis indiquées sur le plan ci-dessus:
   . Un petit atelier de réparation des outils,
   . La pièce de vie comportant les lits de toute la famille mais aussi des armoires de rangement. Cette pièce est chauffée à la fois par une cheminée massive mais aussi par un petit fourneau,
   . La cuisine, une petite pièce borgne utilisant un foyer situé sur le mur arrière  de la cheminée de la pièce de vie pour faire cuire les aliments,
   . Une pièce non chauffée qui sert à la fois de salle de réception et de pièce de vie en été.

La transformation du niveau de vie se remarque aussi au niveau de l’outillage, les remises agricoles comportent, outre les outils traditionnels en bois façonnés sur place, des charrettes et des traîneaux indiquant que le paysan possède un attelage ; la ferme comporte aussi des étables témoignant que le paysan  possède des animaux tant de trait que d’élevage.

A noter aussi que cette grande maison comporte aussi un sauna situé un peu à l'écart des autres parties de la ferme.

A suivre

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire