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mardi 27 février 2018

LES COLONNES VOTIVES DU 17ème SIÈCLE (14) : la colonne de la Trinité dédiée à la peste de Buda (Budapest)

Suite de l'article précédent

La deuxième demande d’intercession était d’espérer obtenir une bonne mort, pour cela, on pouvait s’adresser à saint Christophe et saint Joseph

La présence de SAINT CHRISTOPHE s’explique par le fait qu’il est considéré comme un intercesseur permettant d’éviter la mort subite, terrible pour l’époque car elle ne permet pas à celui qui en est la victime d’accomplir les rites précédant le trépas, ce qui peut conduire à la damnation. Selon la légende, avant de mourir, saint Christophe avait demandé à Dieu que ceux qui l’invoqueraient soient préservés de tous les maux, peste, maladie…  et soient sauvé.   On pensait que « quand du grand saint Christophe on a vu le portrait, de la mort ce jour-là, on ne craint plus les traits. » A une époque de peste où la mort pouvait frapper à tout instant, l’invocation à saint Christophe devenait bien utile !

Saint Christophe est figuré portant un enfant sur les épaules. Cette représentation se réfère à la légende du saint racontée dans la "légende dorée" de Jacques de Voragine : il était à l'origine un géant appelé Réprouvé cherchant à se mettre au service de celui qui serait le plus puissant de tout l’univers ; il se mit d’abord au service d’un roi, mais ce roi avait peur du diable, le géant se mit alors au service du diable mais celui-ci se détourna d’un chemin où se trouvait un crucifix, il décida alors de se mettre au service du Christ.

Un ermite lui enseigna les Évangiles et l’enjoignit d’aider les gens à passer une rivière tumultueuse afin d’être agréable à Dieu,la rivière étant une allégorie du passage de la vie à l’au-delà.  La suite est racontée dans la « légende dorée » :

« Il entendit la voix d'un petit enfant qui l’appelait en disant: « Christophe, viens dehors et passe-moi.» ... (Il) sortit et trouva sur la rive du fleuve un enfant qui le pria instamment de le passer. Christophe leva donc l’enfant sur ses épaules, prit son bâton et entra dans le fleuve pour le traverser. Et voici que l’eau du fleuve se gonflait peu à peu, l’enfant lui pesait comme une masse de plomb ; il avançait, et l’eau gonflait toujours, l’enfant écrasait de plus en plus les épaules de Christophe d'un poids intolérable, de sorte que celui-ci se trouvait dans de grandes angoisses et, craignait de périr.

Il échappa à grand peine. Quand il eut franchi la rivière, il déposa l’enfant sur la rive et lui dit : Enfant, tu  m’as exposé à un grand danger, et tu  m’as tant pesé que si j'avais eu le monde entier sur moi, je ne sais si j'aurais eu plus lourd à porter. » L'enfant lui répondit : « Ne t'en étonne pas, Christophe, tu n'as pas eu seulement tout le monde sur toi, mais tu as porté sur les épaules celui qui a créé le monde : car je suis le Christ ton roi, , auquel tu as en cela rendu service; et pour te prouver que je dis la vérité, quand tu seras repassé, enfonce ton bâton en terre vis-à-vis ta petite maison, et le matin tu verras qu'il a. fleuri et porté des fruits, »


La présence de SAINT JOSEPH parmi les intercesseurs  permettant d'obtenir une bonne mort, se réfère à un culte qui s’est développé surtout à partir du 16e siècle et à l’époque de la contre-réforme et qui fit de Joseph le patron de la « bonne mort » Ce culte se réfère à un écrit apocryphe décrivant la mort de Joseph ; il le montre entouré de Marie et de Jésus ainsi que des archanges Michel et Gabriel attendant son trépas pour le conduire au ciel. On le prie pour obtenir la grâce d’une bonne mort accompagnée de tous les rites prévus par l’église qui éviterons au défunt le purgatoire et l’enfer et lui permettront de gagner son salut.

Saint Joseph est représenté portant une fleur à la main, généralement un lys. Cet attribut fait référence à l’épisode du choix de l’époux de Marie lorsque le prêtre le désigna au moyen d’un bâton, ce bâton se mit miraculeusement à fleurir.

A suivre

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