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mercredi 7 février 2018

LES COLONNES VOTIVES DU 17ème SIÈCLE (5) : LA MARIENSAÜLE de Vienne.

Suite de l'article précédent

Il me reste, pour comprendre la signification  de la MARIENSAÜLE de la place Am Hof, à décrire les inscriptions du piédestal de la colonne. Elles lui donnent en effet un sens, en conformité avec le concept du mouvement que l’art baroque privilégie, comme je l’ai montré lors de la description de l’église « Santissimi Nomi di Gesù e Maria in Via Lata »

Les quatre inscriptions sont des invocations et des prières mentionnant les noms de deux empereurs : Ferdinand 3 (empereur de 1637 à 1657) qui fit ériger la première Mariensaüle actuellement à Wernstein et son fils Léopold 1er (empereur de 1658 à 1705) qui fit élever la colonne actuellement sur la place Am Hof.

Selon moi, la plus intéressante de ces inscriptions est la dédicace effectuée par l’empereur Ferdinand III lors de l’érection de la colonne ;  en voici la traduction :

FERDINAND III
Pieux et juste
Formule le vœu
À Dieu omnipotent et éternel
Par lui, règnent les rois
A qui appartient toute puissance,
Toute autorité suprême

La première partie de cette dédicace est adressée à Dieu et non à la Vierge Marie, dans cette dédicace est rappelé que le pouvoir des rois résulte d’une délégation de Dieu et donc que c’est au souverain d’adresser sa requête, au nom de son État, à Dieu qui lui a donné son pouvoir.

Moi Ferdinand
Humblement prosterné
Devant ta divinité majesté
En mon nom et celui de mes successeurs,
J’appelle à son secours
Et attribue cette province appelée Autriche
A Marie, mère Immaculée,toujours vierge
Souveraine et protectrice de notre archiduché

Dans cette prière, l’empereur demande à Dieu l’intercession de la Vierge Marie ; pour cela  il sollicite Dieu pour qu’il place l’Autriche sous la protection de celle-ci et permettre ainsi à Marie d’intervenir auprès de Dieu si l’Autriche est encore menacée par les  fléaux que sont la guerre, la peste, la famine et l’hérésie.

Le fait que les quatre inscriptions dédicatoires soient entourées d’un encadrement  d’anges possède, selon moi,  la signification suivante : la prière des empereurs, portée par les anges,   semble avoir quitté le monde des hommes pour gagner le monde céleste ; si cette hypothèse est convenable, elle permet de retrouver le double mouvement baroque :
   . D’abord, un mouvement ascendant : la prière des empereurs, matérialisée par les inscriptions, s’élève du monde des hommes vers la Vierge, la Vierge, le regard tourné vers le ciel,  à son tour intercède auprès de Dieu pour qu’il fasse cesser les maux dont souffrent les hommes.
   . Ensuite, un mouvement descendant, la prière des empereurs est entendue : les anges descendent du ciel et combattent les quatre fléaux personnifiés par des animaux mythiques ou symboliques.

Ainsi,  l’empereur apparaît alors comme un intermédiaire entre le monde des hommes et celui de Dieu, un intercesseur primaire en quelque sorte.  Cette conception apparaît encore plus nettement dans la colonne de la peste du Graben que je décrirai à la fin de ce chapitre.

Note
Le rôle d’intercesseur de Marie apparaît nettement dans la prière que le pape Benoit XVI prononça le 7 septembre 2007 au pied de la Mariensaüle de Vienne : " Sainte Marie, Mère immaculée de Notre Seigneur Jésus Christ, …Je te confie l'Autriche et ses habitants:  aide-nous tous à suivre ton exemple et à orienter notre vie totalement vers Dieu! … Alors nous aussi, comblés de toute bénédiction spirituelle, nous pourrons répondre toujours mieux à sa volonté et devenir ainsi des instruments de paix pour l'Autriche, pour l'Europe et pour le monde"

A suivre

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