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vendredi 9 février 2018

LES COLONNES VOTIVES DU 17ème SIÈCLE (6) : LA MARIENSAÜLE de Munich, modèle de celle de Vienne

suite  de l'article précédent

La Mariensaüle de Vienne, elle-même copie de celle de Weinstein datant de 1647, ne fut pas une création originale  de l’empereur Ferdinand III, c’est également une copie assez fidèle d’un modèle érigé  quelques années plus tôt à Munich.

La Mariensaüle de Munich fut construite en application du vœu formulé par le prince-électeur de Bavière, Maximilien 1er  (1597-1651), pour remercier la Vierge Marie d’avoir épargné  Munich des atrocités perpétrées par les suédois pendant la guerre de Trente ans.

La conception de cette colonne, représentée ci-contre sur une gravure de 1680,  est semblable à celle de ses copies autrichiennes avec toutefois deux différences de détail qui ne modifient cependant pas sa signification :

 (1) La Vierge est ici représentée, non dans son rôle d’intercession, mais  en tant que reine des cieux selon le modèle de Notre Dame de Lorette, elle porte une couronne ; d’une main, elle brandit un sceptre ; sur le bras gauche, elle porte l’enfant Jésus qui tient un globe surmonté de la croix, symbole de domination universelle. Marie est debout sur un croissant de lune en référence au chapitre 12 de l’Apocalypse : « un grand signe parut dans le ciel, une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds et une couronne de 12 étoiles sur sa tête ».  Cette statue ne fut pas construite spécialement pour la Mariensaüle de Munich, on utilisa en effet une statue datant de 1590, jusqu’alors localisée au-dessus du Maître-autel de la Frauenkirche.

En dessous de la statue de la Vierge, on retrouve la même organisation spatiale que sur la copie de Vienne : un chapiteau composite (2), la colonne (3), des têtes d’anges ailées (4) sculptés à la base de la colonne, un piédestal de la colonne (5) comportant les inscriptions et les armoiries, une base sur laquelle se trouvent les quatre anges (6)


La seconde différence concerne les inscriptions gravées sur les boucliers : elles signalent les noms des animaux et pas leur référence biblique : SUPER/ASPI/DEM (serpent figurant l’hérésie), ET/LEON/EM (lion représentant la guerre), ET/BASILI/CUM (basilic, allégorie de la peste), ET/DRA/CONEM (le dragon personnifiant la famine)

Cette colonne fut la première du genre construite dans le saint Empire, ce modèle servira de modèle à de nombreuses autres dont la Mariensaüle de Vienne.

Prochain article / la colonne trinitaire de la peste de Bratislava

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