NOUVEAU THÈME :
J'ai précédemment effectué divers articles sur les trois pays baltes que je trouve fascinant. il manquait à cette étude la description des trois capitales, Vilnius, Riga et Tallinn. voici d'abord mes impressions sur RIGA capitale de la LETTONIE.

REMARQUE
. Tous les articles de ce blog ont été rédigés par moi-même sans emprunt littéral à d'autres auteurs, ils sont le fruit d'une documentation personnelle amassée au cours des ans et présentent ma propre vision des choses. Après tout, mon avis en vaut bien d'autres.
. Toutes les citations de mes articles proviennent de recherches sur les sites gratuits sur Internet

jeudi 29 mars 2018

Le stoïcisme d' EPICTETE :un art de vivre (2)

Suite de l'article précédent

Le Manuel comporte une  succession d’aphorismes dont la lecture est parfois déroutante. On ressent l’impression que cet ouvrage présente une série de notes écrites d’après les cours d'Epictète,  un peu au hasard et au fur et à mesure qu' Arrien se souvenait de l'enseignement dispensé. Pour rendre utilisable actuellement  la pensée du philosophe, il faut réorganiser les aphorismes afin d’en découvrir une trame adaptée à notre logique. C’est ce que je me propose d’accomplir en indiquant, de prime abord, qu’il s’agit d’une interprétation qui m’est toute personnelle.

LA DESTINÉE COMME FACTEUR ESSENTIEL DE L’EXISTENCE HUMAINE.

C’est pour moi un des postulats essentiels de la pensée d’Epictète. Il reprend les grands thèmes du stoïcisme avec, d’abord, la primauté du Destin comme le montrent les trois aphorismes qui suivent :

17 : «  souviens-toi que tu es l’acteur d’un rôle, tel qu’il plaît à l’auteur de te donner,.. c’est ton fait de bien jouer le personnage qui t’est donné, mais de le choisir, c’est autre chose » (1)

37 : «  quand tu as pris un rôle au-dessus de tes forces, non seulement tu y as fait une pauvre figure mais encore tu as laissé de côté celui que tu aurais pu remplir »

53-1 : emmène-moi Jupiter et toi Destinée, là où avez arrêté que je dois aller. Je vous suivrai sans hésiter »

Ce concept du Destin au sens antique du terme, est une constante de la pensée grecque et en particulier de la doctrine stoïcienne. Il est, par exemple,  figuré par les trois Parques qui, dès la naissance d’un enfant, déterminent ce que sera son Destin, il est la clé permettant de comprendre ce monde, c'est cette entité qui décidera en effet de manière aléatoire que l’enfant  aura une vie courte ou longue, qu’il sera en bonne santé ou souffrira toute sa vie, qu’il aura une place importante dans la société durant son existence ou au contraire qu’il sera pauvre et astreint à un dur labeur pour subsister. Dans de telles conditions, il est impossible de changer son destin. Vouloir le faire ne pourra qu’échouer.

 Cette idée d’une prédestination peut paraître inhumaine et témoigner d’une injustice flagrante que l’on dénoncerait aujourd’hui avec force. Pourtant, les antiques n’avaient pas complètement tort quand ils la  prétendaient ; on la retrouve par exemple dans la prédestination prônée par Calvin en ce qui concerne le salut et elle apparaît tous les jours entre le destin de ceux qui sont nés dans une riche famille et ceux qui naissent dans un bidonville ou dans un camp de réfugiés. Dans notre monde actuel, Il peut  exister pour ces enfants de possibles échappatoires , ce n’est pas le cas dans la pensée du stoïcisme grec  comme le montre l’aphorisme suivant à propos des Dieux :

31 : il convient  de « penser qu’ils existent et qu’ils gouvernent l’univers avec sagesse et justice » et qu’il faut «  en conséquence de te donner le rôle de leur obéir, de leur céder et de les suivre en tout ce qui arrive, », il faut penser «  que tout est arrangé pour le mieux »

Cet aphorisme donne, selon Epictète, la justification de la prédestination de tous les hommes : elle participe à l’organisation de l’univers telle que le veulent les Dieux, toutes leurs décisions, même si elles paraissent incompréhensibles au regard des hommes,  sont justes et sages ; se rebeller contre son Destin, c’est aller contre la volonté des Dieux et contre l’ordre universel. Rappelons à cet égard, que même les Dieux ne peuvent charger le destin d’un être humain, c’est ainsi qu’Homère montre que Zeus doit utiliser une balance pour savoir qui doit emporter la victoire lors d'un combat entre les troyens et les achéens. Pour Epictète, suivre le destin qui nous est assigné est une marque de piété envers les Dieux.

À suivre..

(1) j'utiliserai la traduction de Jean Francois Thurot de 1889 en libre accès sur internet (site Wikisource et Ph Remacle), toutes les traductions postérieures en français étant évidemment payantes

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire