REMARQUE
. Tous les articles de ce blog ont été rédigés par moi-même sans emprunt littéral à d'autres auteurs, ils sont le fruit d'une documentation personnelle amassée au cours des ans et présentent ma propre vision des choses. Après tout, mon avis en vaut bien d'autres.
. Toutes les citations de mes articles proviennent de recherches sur les sites gratuits sur Internet

vendredi 20 avril 2018

Le manuel d'EPICTÈTE : un mode de pensée (1)

Outre la description de l’art de vivre du stoïcien, le manuel d’Epictète donne d’intéressantes informations sur le mode de pensée du philosophe que l’on peut utilement comparer à celui de notre époque.

La logique analytique  d’Epictète est organisée autour d’un  mot-clé, la raison et de trois outils de fonctionnement de l’esprit qui en découlent :
     . Le dualisme antécédent / conséquent,
     . La corrélation,
     . La démonstration.

La RAISON, bien que peu mentionnée dans le manuel, représente la toile de fond de toute la pensée d’Epictète, en particulier sur la manière dont il faut percevoir les choses :

   . 51 : combien de temps encore diffères-tu… de ne désobéir à rien de ce que la raison prescrit ? »

On retrouve dans cet avertissement au candidat philosophe,  l’idée essentielle de la philosophie grecque, « le connais-toi toi-même », obtenue par le cheminement de la raison dans l’esprit humain afin d’en éliminer les alibis et les faux semblants pour acquérir la liberté pleine et entière de l’âme.

La raison sera le moteur des trois autres outils méthodologiques et en tout premier lieu du dualisme ANTÉCÉDENT / CONSÉQUENT qui représente la première phase de l’analyse.  Celui-ci est contenu dans l’aphorisme suivant :

   . 29 : « Dans toute affaire, examine bien les antécédents et les conséquents et alors entreprends, sinon, tu seras d’abord plein de feu, parce que tu n’as pas réfléchi à enchaînement des choses et, plus tard, quand quelques difficultés se produiront, tu renonceras honteusement. »

Pour l’illustrer, le manuel prend l’exemple d’un homme qui désire être vainqueur aux jeux olympiques (au sens grec du terme mais cette exemple s’appliquerait parfaitement aux compétitions de notre époque). Il lui faut d’abord examiner, par une analyse raisonnée,  tout ce que ce qu’il devra accomplir pour y réussir : des entraînements constants et épuisants, une discipline de vie qui interdit de boire et oblige à manger frugalement, un risque d’échec lors des compétitions … cette démarche est celle des antécédents.

Une fois les ANTÉCÉDENTS  clairement exprimés, survient la phase du CONSÉQUENT : l’homme, en utilisant cette valeur libre de son âme qu’est le jugement, doit décider s’il est prêt à consentir les efforts qu’il vient clairement d’exprimer ou s’il préfère renoncer avant d’entreprendre. S’il choisit la première solution, il devra manifester la volonté de s’y tenir, sinon, il sera déçu et malheureux.

La métaphore du sportif s’applique parfaitement à celui qui veut être philosophe, c’est ce que le manuel écrit dans la suite de l’aphorisme 29 :

«  Crois-tu qu’en te faisant philosophe, tu peux manger et boire de la même manière, avoir les mêmes désirs et les mêmes aversions… pèse bien tout cela, maintenant, si tu tiens à avoir en échange l’impassibilité, la liberté, le calme, c’est bien, sinon retire-toi »

Elle s’applique aussi à toutes les situations que peuvent rencontrer les gens de notre époque : prenons l’exemple d’une personne obèse qui prend la décision de maigrir : elle devra examiner  tout ce qu’il faudra faire pour atteindre son but, manger moins, limiter le sucré et le gras, faire de l’exercice..  Ce sont les antécédents ; ensuite, la personne devra  tirer toutes les conséquences qui en découlent afin de prendre, en toute connaissance de cause, la décision d’entreprendre ou non de maigrir puis de s’y tenir.

A suivre...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire