NOUVEAU THÈME :
J'ai précédemment effectué divers articles sur les trois pays baltes que je trouve fascinant. il manquait à cette étude la description des trois capitales, Vilnius, Riga et Tallinn. voici d'abord mes impressions sur RIGA capitale de la LETTONIE.

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mercredi 25 avril 2018

Le manuel d'EPICTÈTE : un mode de pensée (3)

Le quatrième mot-clé de la logique appliquée à l’éthique est celui de la DÉMONSTRATION  ;  cette notion est mentionnée à l’extrême fin du manuel dans les aphorismes 51-1 et  51-2

Examinons d’abord le premier :
   . 51-1 : « La première partie de la philosophie et la plus essentielle, c’est de mettre en pratique les maximes, par exemple de ne pas mentir,
             . la seconde, ce sont les démonstrations, par exemple,  d’où vient qu’il ne faut pas mentir,
             . la troisième est celle qui confirme et éclaircit les démonstrations elles-mêmes, par exemple, d’où vient que c’est une démonstration ? »

Comment peut-on exprimer cette démarche dans notre langage actuel afin de mieux l’expliciter :
    . 1. J’applique une maxime morale dans ma vie quotidienne  telle qu’on me l’a enseignée.
    . 2. Je recherche, en tentant de le démontrer au moyen de ma raison,  pourquoi cette maxime doit être appliquée.
    . 3. Une fois ma démonstration effectuée, je vérifie si elle est fiable en logique en me posant les questions suivantes :
         . Ma démonstration est-elle bien établie selon un ordre cohérent dans son argumentation ?
         . N’y a-t-il pas des incompatibilités dans le cheminement de mon exposé ?
    . 4. Une fois cette phase accomplie, je pourrai  déterminer si ma démonstration est vraie ou fausse ; si elle est vraie, elle devient une loi générale : j’applique cette maxime et je sais pourquoi je le fais.

La phase de démonstration est absolument nécessaire : sans elle, il est impossible de prendre  une décision et de déterminer une loi qui permette de s’appliquer à tous.

Prenons l’exemple d’un adolescent qui décide de fumer, il pense ainsi se valoriser aux yeux des autres, se sentir adulte et braver l’autorité de ses parents en s’affranchissant des règles qu’ils lui ont   inculquées. (Antécédents/ conséquents) Cette démarche est effectuée par lui en toute liberté.  Il reste sourd aux conseils de ses proches qui lui montrent la dangerosité de son action (corrélation)

S’il suit la théorie  d’Epictète,  il lui est nécessaire de faire la démonstration de ce qu’il a décidé afin de vérifier si sa démarche se justifie raisonnablement et peut devenir une loi valable pour tous les êtres humains ;  il va donc rechercher toutes les informations disponibles sur le tabac et constatera certes que fumer  permet effectivement de se donner une contenance mais surtout, il apprendra que l’usage du tabac est une drogue rendant esclave son utilisateur et conduisant à des maladies handicapantes ou mortelles. De toutes ces informations, il en déduira que la décision qu’il a prise en toute liberté est mauvaise et qu’on ne peut pas en faire une loi générale.

L’aphorisme 52-2 précise l’ordre dans laquelle doit être menée la recherche logique :
   «  Ainsi, la troisième partie (démonstration) est nécessaire à cause de la seconde (corrélation)  et la seconde à cause de la première, mais la plus nécessaire… c’est la première (antécédent, conséquent). Nous nous agissons à rebours, nous nous arrêtons à la troisième partie… et nous négligeons la première, ainsi, nous mentons, mais nous savons … comment on démontre qu’il ne faut pas mentir »

Pour expliquer cet aphorisme par un exemple contemporain, reprenons  le cas de l’adolescent cité ci-dessus : on lui a démontré par des arguments  raisonnés qu’il est dangereux de fumer (démonstration), il refuse d’écouter les conseils de son entourage (corrélation), il décide, au nom de sa liberté et après avoir pesé le pour et le contre, qu’il fumera quand même.

Pour Epictète, c’est l’inverse qu’il convient de faire : en mesurant le pour et le contre, l’adolescent prend lui-même, en toute liberté, la décision de ne pas fumer, il refuse d’écouter ses copains qui l’incitent à fumer pour se montrer viril  (corrélation) . Il recherche alors tous les arguments logiques qui lui montrent que sa décision est la bonne (démonstration).

Ce dernier aphorisme révèle clairement la différence fondamentale existant entre l’éthique d’Epictète et la morale pratiquée à notre époque ; aujourd’hui, la plupart des gens réagissent comme l’adolescent qui effectue la démarche inverse de celle que prône le philosophe : peu de gens cherchent à se forger une morale personnelle justifiée par un raisonnement logique et cohérent. Ils se conduisent plutôt en assistés, on leur impose ce qu’il faut faire ou ne pas faire sans qu’ils en aient intégré le bien-fondé ; en conséquence, ils ne cherchent qu’à contourner ou ne pas appliquer les décisions qui sont prises à leur place, ils ne respectent la loi que quand elle les arrange.

Une nouvelle fois, on peut conclure de ce qui précède que la démarche logique d’Epictète est beaucoup plus cohérente que celle qu nous pratiquons actuellement : comme je l’écris souvent, la philosophie antique, si elle était pratiquée à notre époque, rendrait le monde bien plus heureux qu’il ne l’est maintenant.

Prochain article : RIGA (Lettonie) impressions de voyage.

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