REMARQUE
. Tous les articles de ce blog ont été rédigés par moi-même sans emprunt littéral à d'autres auteurs, ils sont le fruit d'une documentation personnelle amassée au cours des ans et présentent ma propre vision des choses. Après tout, mon avis en vaut bien d'autres.
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mardi 10 avril 2018

Le stoïcisme d' EPICTETE :un art de vivre (8)

LE PHILOSOPHE DANS LA SOCIÉTÉ QUI L’ENVIRONNE (suite de l’article précédent)

RESTER À LA PLACE QUE NOUS A ASSIGNÉE LE DESTIN.(suite de l’article précédent)

De ce qui précède (voir article précédent), on peut conclure que, selon Epictète, il existe trois catégories d’êtres humains :
   . Les riches et les puissants qui ne le sont que parce que la destinée l’a voulu ainsi,
   . Les pauvres et les humbles qui subissent sans rien dire leur destin,
   . Ceux qui aspirent à modifier leur destin en agissant au détriment des autres et donc en tentant d’utiliser « ce qui ne dépend pas de soi »

Si cette dernière catégorie ne venait pas troubler l’ordre cosmique, l’humanité serait composée d’êtres humains perpétuellement dans l’état d’ataraxie qui laisserait faire les choses sans chercher à les modifier.

  Cette conception induit d’importantes conséquences concernant la place du disciple d’Epictète dans la société :

   . 24-2 : « Tu ne viendras pas en aide à tes amis… qu’est-ce qui peut donner à un autre ce qu’il n’a pas lui-même ? »
   . 24-5 : « Quelle place aurai-je donc dans l’état ? » — « celle que tu peux avoir en restant un homme loyal et réservé, mais si, pour venir en aide à la patrie, tu perds ces biens, de quelle utilité peux-tu être quand tu seras devenu impudent et déloyal ? »

Le premier élément témoignant de cette indifférence, déjà mentionnée vis à vis des autres, est le fait qu’il ne faut jamais rien donner, même à quelqu’un qui souffre de la faim et  risque d’en mourir. Deux raisons président à ce comportement :
   . Si l’autre meurt de faim, c’est ce que voulait sa Destinée
   . Ce que je possède ne m’appartient pas, c’est le Destin qui m’a accordé ces biens ; si j’en donne une partie aux pauvres, j’accomplis un acte contraire à mon destin.

De la même manière, Epictète refuse toute compromission et toute obligation vis à vis de l’extérieur et en particulier au niveau de la patrie car elles signifient deux altérations de son ego aussi pernicieuses l’une de l’autre eu égard à l’idée fondamentale du dualisme « ce qui dépend de nous, ce qui ne dépend pas de nous »
   . S’il a l’ambition d’être un élu ou s’il accepte une élection qu’on lui propose, il devra s’occuper de ce qui ne « dépend pas de soi » et donc ne plus se maintenir en l’état d’ataraxie ; s’il réussit, il deviendra orgueilleux et ambitieux, s’il échoue, il sera malheureux.
   . S’il est enrôlé et combat, il sera porté à des actes de violence qui entraveront la quête de son bonheur.

Dans ces conditions, le philosophe ne conçoit sa participation à l’Etat qu’en étant lui-même, sans ambition, sans haine ni envie envers qui que ce soit, mesuré en toute chose, concerné seulement par ce qui dépend de son âme. Ces comportements garantiraient la paix sociale et politique et créerait une société où tous seraient heureux,

On pourrait penser que ce qui précède induit un comportement égocentrique, pourtant, il existe dans le manuel des mentions qui corrigent un peu cette impression : c’est ce qu'indique en particulier  l’aphorisme 30 :

    . 30 : « Mon frère me fait tort » « ne t’occupe pas de ce qu’il a fait mais ce que tu dois faire pour que ta volonté soit dans un état conforme à la nature »

Le disciple d’Epictete a des devoirs envers ses parents et sa phratrie : même si ceux-ci sont méchants et mauvais, il faut se souvenir qu’ils nous ont donné la vie qu’ils ont droit au respect malgré tous leurs défauts.

C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre l’aphorisme 43 :

 «  Toute chose à deux anses, l’une par où on peut la porter, l’autre par où on ne peut pas, si ton frère a des torts, ne le prend pas de ce côté qu’il a des torts, (c’est l’anse qu’on ne peut pas porter, qui ne dépend pas de nous), prend le plutôt par cet autre côté qu’il est ton frère qu’il a été nourri avec toi et tu prendras la chose par où on peut la porter »

A suivre...

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