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samedi 14 avril 2018

Le stoïcisme d' EPICTETE :un art de vivre (10)

LE PHILOSOPHE DANS LA SOCIÉTÉ QUI L’ENVIRONNE (suite de l’article précédent)

LE PHILOSOPHE DANS SES RELATIONS AVEC LES AUTRES
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Le comportement quotidien  du philosophe dans la vie sociale témoigne de la même austérité que celle qu'il manifeste à propos de son propre corps. Epictète prône que le seul comportement admissible est d’être soi-même et de vivre pleinement son ataraxie face aux autres sans toutefois se présenter comme un modèle à suivre.

Rester en l’état d’ataraxie dans la société des hommes est cependant très difficile car, malgré soi, on peut se laisser entraîner à de multiples débordements ;  en conséquence, il faut donc que le philosophe « se défie de lui-même comme d’un ennemi dont on craint les pièges » (48-2) et qu’il ne se laisse pas piéger dans la spirale de ce qui ne dépend pas de lui.

Ces conceptions conduisent le manuel à dispenser un certain nombre de conseils pratiques pour ceux qui voudraient s’engager dans la voie de la philosophie.

Ces conseils concernent d’abord l’usage de la parole. Il faut d’abord parler peu et préférer le silence , si on s’exprime, il faut utiliser des phrases en peu de mots en se limitant à ce qui est absolument nécessaire (33-2), il va de soi que si, dans un repas, la conversation prend un tour frivole ou licencieux, le philosophe doit se taire et par son silence montrer qu’il n’est pas concerné et donc qu’il n’a rien à dire à ce propos. Ainsi, le manuel indique dans l’aphorisme 13 : « résignes-toi à passer pour un idiot ou un imbécile dans les choses du dehors » et donc qui ne le concerne pas.

Dans le même ordre d’idées, le philosophe non seulement « ne rit pas beaucoup, ni de beaucoup de choses, ni avec excès » (33-4), mais aussi « évite aussi de chercher à faire rire » (33-14) car on peut être amené à des débordements qui induiront « à glisser dans le genre de ceux qui ne sont pas philosophe » (33-4) ; de même, au spectacle, il faut  s’abstenir de se laisser entraîner à « partager les passions des spectateurs" (33-9)

Une autre série de conseils concerne l’attitude que le philosophe doit avoir face aux autres et aux jugements qu’il pourrait porter à leur encontre. Cette pratique est à bannir entièrement : le philosophe « ne blâme personne, il ne loue personne, il n’accuse personne » (48-2), dans aucun cas, il ne doit prendre parti et critiquer tel ou tel comportement, ainsi si « quelqu’un boit beaucoup de vin, ne dit pas c’est mal, dit qu’il boit beaucoup de vin » puisque se livrer à des excès ressort uniquement  du jugement de l’autre sur lui-même.

Ainsi le philosophe doit, en toutes circonstances, conserver son impassibilité et sa retenue sans jamais partager les passions ou les partis pris de ses interlocuteurs.

Il va de soi que ce comportement devait être mal jugé par les autres ;  le manuel précise à celui qui se veut philosophe : « attends-toi à être un objet de dérision, à être en butte aux moqueries d’une foule de gens qui disent :.. « d’où vient cet air renfrogné » (22) en ce cas, il faut évidemment laisser dire sans réagir. Ce type de réflexion témoigne du fait que la compagnie du philosophe devait être peu agréable !

À suivre...

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