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lundi 16 avril 2018

Le stoïcisme d' EPICTETE :un art de vivre (11)

LE PHILOSOPHE DANS LA SOCIÉTÉ QUI L’ENVIRONNE

LE PHILOSOPHE DANS SES RELATIONS AVEC LES AUTRES (suite de l’article précédent)

Pourtant, on peut imaginer que le disciple d'Epictète puisse être invité à un repas pour témoigner de sa pensée afin de l’enseigner aux autres et de les amener à évoluer dans leurs comportements pour atteindre à leur tour l’ataraxie. Pour permettre au philosophe de bien réagir face à cette situation, le manuel donne une nouvelle série de conseils.

Imaginons que lors d’un de ces repas, on évoque une « maxime » du type, « tu ne dois pas mentir » et qu’on demande au philosophe ce qu’il faut en penser, celui-ci ne répondra pas et restera impassible, il ne donnera pas de conseils et surtout ne s’érigera pas en exemple : C’est ce que le manuel exprime dans les deux aphorismes suivants :

   . 46-1 « Ne parle pas de maximes à ceux qui ne sont pas philosophe, fait plutôt ce que les maximes prescrivent. Ainsi, dans un repas, ne dit pas comment on doit manger mais mange comme il se doit »
   . 46-2 : Si, entre gens qui ne sont pas philosophe, la conversation tombe sur quelque maxime, Garde le plus souvent le silence,… de même, ne fait pas usage des maximes devant ceux qui ne sont pas philosophes, mais commence à les digérer pour les produire en pratique. »

Ces idées peuvent paraître surprenante pour un rhéteur qui a ouvert une école de philosophie, pourtant, la démarche d’Epictète est pédagogique, logique et cohérente : quelqu’un qui observe le philosophe remarque à quel point il est heureux et en accord avec lui-même alors que lui est sans cesse entraîné par le tourbillon de l’existence ; il va alors tenter de comprendre comment il peut atteindre cette paix intérieure qu’il admire chez le philosophe. Doué, comme tous les êtres humains de l’esprit de raison, il découvrira peu à peu le cheminement qui le conduira à l’ataraxie. Cette méthode s’apparente à la maïeutique socratique qui amenait chaque interlocuteur de Socrate à trouver en lui-même sa vérité.

Dans cette perspective, Epictète, par l’intermédiaire du manuel, donne de nouveaux  conseils à ses disciples  dans les aphorismes  13, 46-1 et 48-2 : «
    . « Si quelqu’un te croit quelque chose, défie-toi de toi-même. »,
   . « Quand on .. loue (le philosophe), il se moque … de celui qui le loue, .. quand on le blâme, il ne se justifie pas »,
   . « Ne te donne jamais comme philosophe… ».

Dès que le philosophe  sent que quelqu’un a une certaine admiration pour lui, il faut toujours se dire que l’on doit avoir exprimé une idée pouvant susciter cette admiration de la part des autres. Le philosophe doit être totalement hermétique à tous les compliments que l’on pourrait lui faire et même de l’estime qu’on lui pourrait lui porter : C’est ce que le manuel indique dans l’aphorisme 48 :
« Celui qui n’est pas philosophe, n’attends pas de profits.. de lui même mais de l’extérieur  (tandis que le philosophe) n’attend que profits.. que de lui-même. »

À suivre …

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