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mercredi 4 avril 2018

Le stoïcisme d' EPICTETE :un art de vivre (5)

LE PHILOSOPHE FACE À SON CORPS

Le corps, rappelons-le, fait partie de ce qui ne dépend ni de nous et ni de notre liberté de l’âme, c’est notre Destinée qui détermine la manière dont évolue notre corps, s’il reste en bonne santé ou s’il est souffrant.

Ainsi, l’aphorisme 2-1 indique : «  si tu as de l’aversion pour la maladie, la mort où la pauvreté, tu seras malheureux »

Les aphorismes suivants explicitent la manière dont le disciple d’Epictète doit réagir face aux divers aléas qui peuvent atteindre son corps, d’abord en ce qui concerne la maladie.

   9 : « la maladie est une contrariété pour le corps mais non pour la volonté… »

Quand on est malade, c’est le corps qui souffre, or les souffrances de notre corps sont étrangères à notre esprit,  en conséquence, il faut chercher "en soi" les valeurs qui permettront de contrebalancer la souffrance et d’avoir la volonté d’appliquer ces valeurs à soi-même. Le manuel ne cite pas ces valeurs mais on peut penser à l’endurance et à la recherche de l’impassibilité face à la souffrance.

Ayant été esclave, Epictète devait  particulièrement connaître la fatigue due à un travail harassant et la douleur occasionnée par les mauvais traitements. C’est à partir de sa propre expérience qu’il dût déterminer la manière de transcender la maladie.

En ce qui concerne la pauvreté, le manuel rapporte l’aphorisme suivant :

   12.1 : «  il vaut mieux mourir de faim exempt de peine et de souffrance que de vivre dans l’abondance et le trouble »

Cette conception pourrait  paraître surprenante si elle n’avait pas été exprimée par un ancien esclave qui dût souffrir aussi de la faim. Comme dans l’exemple précédent, c’est le corps qui souffre et non l’« en soi » ; c’est le corps qui réclame l’abondance et non l’esprit. Or dépendre de notre corps, c’est s’en rendre esclave ; rechercher l’abondance c’est courir le risque d’être malheureux dès que l’on n'obtient pas ce que l’on désire. Ainsi, pour Epictète, dire : «  si je néglige ma fortune, je n’aurai pas de quoi manger » est une argumentation stupide.

Quand il évoque la mort, le manuel emploie l’aphorisme suivant :

 5 : « la mort n’a rien de redoutable … mais le jugement que la mort est redoutable est ce qui est redoutable ». 

On trouve un raisonnement semblable chez Epicure qui pensait que quand la mort est là, nous ne sommes plus et tant qu'elle n’est pas là, on n’est pas concerné par elle.

Ce premier ensemble de considérations sur la manière dont l’esprit doit se comporter vis-à-vis de son corps fait supposer deux corollaires qui permettent de mieux comprendre la pensée d’Epictète et que j’exprimerai ainsi :

   . Il existe une totale séparation entre le corps et l’esprit, Epictète les traite comme deux entités matérielles séparées dont un seul est libre, l’esprit.

   . A la mort, il se produit une différenciation entre le corps et l’esprit, l’un est mortel, l’autre survit et se trouve à ce moment détaché de tout ce qui entravait sa liberté.

A suivre...

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