NOUVEAU THÈME :
J'ai précédemment effectué divers articles sur les trois pays baltes que je trouve fascinant. il manquait à cette étude la description des trois capitales, Vilnius, Riga et Tallinn. voici d'abord mes impressions sur RIGA capitale de la LETTONIE.

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vendredi 6 avril 2018

Le stoïcisme d' EPICTETE :un art de vivre (6)

LE PHILOSOPHE DANS LA SOCIÉTÉ QUI L’ENVIRONNE

La place du philosophe dans la vie sociale occupe l’essentiel du manuel et détermine trois types principaux de comportements : être indifférent à tout, rester à sa place, avoir une vie sociale en rapport avec ses convictions stoïques. 

ÊTRE INDIFFÉRENT À TOUT

Cette caractéristique est mentionnée dans de nombreux aphorismes, en voici deux particulièrement significatifs :

   . 14 : «  Si tu veux que tes enfants, ta femme, tes amis vivent toujours, tu es un imbécile, tu veux que ce qui ne dépend pas de toi, dépendent de toi »
   . 16 : « Quand tu vois quelqu’un qui pleure… rappelle-toi.. que ce qui l’afflige, ce n’est pas l’accident mais le jugement qu’il porte sur cet accident, cependant, n’hésite pas à lui témoigner, au moins du bout des lèvres, ta sympathie et même .. de gémir avec lui mais prend garde à de ne pas gémir au fond de l’âme »
 
Dans ce premier ensemble de recommandations, Epictète, par la voie du manuel, va pousser jusqu’à ses conséquences ultimes sa conception du Destin par l'application rigoureuse du « ce qui ne dépend pas de nous »

A quoi bon pleurer à propos de la mort des autres  puisque nous n’avons pas la maîtrise de leurs Destins, c’est le Destin qui décide si la vie sera longue ou courte ; c’est une erreur de jugement de pleurer la mort d’un être cher  puisqu’en l’occurrence, on refuse implicitement le cours normal des choses voulues par le Destin. A cet égard, le manuel comporte l’aphorisme 11 qui va dans le même sens : « ne dit jamais je l’ai perdu mais je l’ai rendu… ton enfant est mort, il est rendu », sous-entendu à l’ordre cosmique qui régit l’univers.

Cette indifférence s’applique également aux autres comme le montre l’aphorisme 16 : on peut témoigner de la sympathie à quelqu’un qui pleure ou qui est triste mais il  faut surtout que cette sympathie reste superficielle et n’entrave en rien  l’ataraxie dont la quête reste à tout moment l’essentiel de toute vie.

L´aphorisme suivant est le plus important dans perspective de l’indifférence érigée en mode de vie, car il détermine la conduite à suivre à ce propos :

   . 26 : «  Quand quelqu’un perd son fils ou sa femme,… [on entend dire]  « c’est la condition de l’humanité », mais quand on fait cette perte soi-même, aussitôt de dire : « hélas ! Que je suis malheureux », il faudrait pourtant se rappeler ce qu’on éprouve en l’entendant dire d’un autre. »

Vis à vis de la mort d’un proche parent, il faut penser de la même manière que s’il s’agissait du parent de quelqu’un d’autre : c’est le Destin qui a décidé qu’il en soit ainsi.

Pour notre époque, ce genre de raisonnement serait jugé, à première vue, monstrueux et hypocrite. Pourtant, Epictète n’a pas tout à fait tort si on considère  notre comportement social actuel :
   . D’abord sur le fait que nous sommes largement indifférents aux malheurs des autres ; ainsi, une personne qui demande à une autre :  « comment allez-vous ? » ne s’intéresse que rarement à la santé de son interlocuteur  mais, par contre, s’épanche largement  sur ses propres maladies. De même, qui s’apitoie vraiment sur la mort de milliers d’êtres humains lors d’une guerre lointaine ?
   . Ensuite et surtout quand quelqu’un meurt, on entend souvent s’exprimer des sentiments du type : «il est mieux là où il est »,  « il ne souffre plus » qui correspondent exactement à l’idée de la primauté du Destin. N’évoquons pas ici les parents du mort qui ne songent qu’à l’héritage du défunt !

Ainsi, le manuel d’Epictète, selon moi, théorise un comportement de tous les temps inhérent à l’être humain.

A suivre

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