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jeudi 7 juin 2018

LA « TENTATION DE SAINT ANTOINE » DANS L’ART (1) ; la vie de saint Antoine.

La « tentation de saint Antoine » a été représentée à de nombreuses reprises dans l’art ; à regarder les  tableaux des peintres qui furent attirés par ce thème entre le 15è et le 17è siècle, on ressent  l’impression que ces artistes voulurent  exacerber leurs pulsions les plus secrètes dans un monde dominé par la pensée moraliste de l’église.

Avant de décrire ces œuvres d’art, il convient d’évoquer la vie de saint Antoine. Pour cela, on dispose de deux sources : la plus ancienne et la plus complète  est la « vie de saint Antoine » écrite par saint Anastase d’Alexandrie (+ en 373), patriarche d’Alexandrie et un des quatre docteurs de l’église orthodoxe. Il fut contemporain de saint Antoine qui mourut en effet en 356.  L’histoire de saint Antoine écrite par Anastase  fut reprise dans la légende dorée de Jacques de Voragine, archevêque de Gènes (+ en 1298)

Mon propos sera, dans cette série d'articles, de monter la convergence entre les récits hagiographiques de la vie de saint Antoine et les représentations picturales qui en émanent.

SAINT ANTOINE
Selon les deux auteurs précédemment cités, Antoine naquit en Égypte de parents  riches et chrétiens qui élevèrent l’enfant selon les préceptes évangéliques ; « il rendait une grande obéissance à son père et à sa mère, et bien qu’ils soient fort à l’aise, il ne les importunait jamais pour faire bonne chère, et ne cherchait point les plaisirs d'une nourriture délicate ; mais se contentait de ce qu'on lui donnait, et ne désirait rien de plus » (saint Anastase : Vie de saint Antoine)

Il perdit ses parents à l’âge de 18 ans et jusque 20 ans (selon Jacques de Voragine)  se contenta de vivre pieusement en administrant la fortune de ses parents et en s’occupant de sa sœur. Il était cependant insatisfait de sa condition.

« Un jour où il allait à l’église, selon sa coutume, avec grande dévotion, il pensait en lui-même pendant le chemin, comment les Apôtres avaient suivi Jésus-Christ en abandonnant toutes choses, et comment plusieurs autres, ainsi qu'on le voit dans les Actes, vendaient leurs biens et en mettaient le prix aux pieds des Apôtres, pour qu’il soit distribué à ceux qui en avaient besoin … Alors qu’il avait … l'esprit plein de ces pensées, il entra dans l'église au moment où on lisait l’Évangile où notre Seigneur a dit à ce jeune homme qui était riche : « Si tu veux être parfait, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et viens, et suis-moi, et tu aurais un trésor au Ciel » (Matthieu 19, 21).

Antoine prit cette parole pour lui, il partagea certains de ses biens à ses voisins, vendit le reste, distribua l’argent de la vente aux pauvres et mena désormais une vie solitaire : «  il fortifiait son esprit dans le dessein de servir Dieu ; il ne se souvenait plus ni de ses parents, ni de ses alliés, et ne pensait à autre chose qu’à s’employer de tout son pouvoir à acquérir la perfection de la vie solitaire ; il travaillait de ses mains, sachant qu’il est écrit : « Que celui qui ne travaille pas, ne doit pas manger »  ; et ne gardant que ce qu’il lui fallait pour vivre, il donnait le reste aux pauvres. Il priait très souvent, parce qu’il avait appris qu’il fallait sans cesse prier dans son cœur.. » (ibid)

C’est à cette période que commencèrent les nombreux tourments infligés à Antoine par le diable et ses séides qui ne pouvaient supporter tant de sainteté et d’abnégation.

A suivre

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