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lundi 18 juin 2018

LA « TENTATION DE SAINT ANTOINE » DANS L’ART (6) : la deuxième tentation par les textes (Saint Anastase et Jacques de Voragine)

Suite de l’article précédent.

La troisième partie des textes de saint Anastase et de Jacques de Voragine racontant  la deuxième  tentation, indique la manière dont Antoine subit les tortures des animaux démoniaques : elle montre que, même si son corps faiblit, son esprit résiste puisque les démons n’ont aucune prise sur lui, il les apostrophe, malgré ses souffrances, en leur disant « … pourquoi faites-vous tant d’efforts inutilement ? Ignorez-vous que le signe de la croix, et la foi que j’ai en Notre Seigneur sont pour moi comme un rempart inébranlable contre toutes vos entreprises et tous vos assauts ? » (Saint Anastase)

La quatrième partie de l’histoire de la seconde tentation montre l’échec des démons grâce à l’intervention miraculeuse du Christ : «  Antoine levant les yeux vit le comble du bâtiment s’entrouvrir, et un rayon resplendissant dissiper les ténèbres et l’environner de lumière. Soudain tous les démons disparurent, toutes ses douleurs cessèrent, et le bâtiment fut rétabli en son premier état. Antoine connut aussitôt que le Seigneur était venu pour l’assister, remplissait ce lieu-là de sa présence (Saint Anastase)

Antoine se trouva aussitôt guéri. Et alors, comprenant que c’était Jésus qui venait à son secours, le saint lui dit : « Où étais-tu tout à l’heure, bon Jésus, et pourquoi n’étais-tu pas ici pour me secourir et guérir mes blessures ? » Et le Seigneur lui répondit : « Antoine, j’étais là, mais j’attendais de voir ton combat ; et maintenant que tu as lutté avec courage, je répandrai ta gloire dans le monde entier !» (Jacques de Voragine), «Ayant entendu ces paroles, il se leva pour prier, et sentit en lui tant de vigueur qu’il connut que Dieu lui avait rendu beaucoup plus de force qu’il n’en avait auparavant. Il avait alors environ trente-cinq ans » (Saint Anastase).

Ce dialogue entre Jésus et Antoine est, toute proportion gardée, une transposition de la Passion du Christ et de sa résurrection :  ainsi Jésus sur la croix s’écrie  « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mathieu 27-46), de même, à l’image du Christ ressuscité, Antoine est régénéré dans son corps et dans ses forces.

Pour les artistes qui décidèrent de transposer en peinture cette longue histoire, la tâche était particulièrement ardue, il fallait en effet représenter sur le même tableau une cabane isolée, des démons ayant pris l’apparence d’animaux tout en conservant leur spécificité diabolique, Antoine torturé, l’apparition de Jésus et le dialogue entre Jésus et Antoine.

Parmi tous les peintres dont j’ai étudié les œuvres, je n’en ai trouvé que deux qui se sont inspirés directement des textes de Saint Anastase et de Jacques de Voragine relatant  la deuxième tentation : il s’agit de Matthias Grünewald qui réalisa le retable d’Issenheim en 1516 et Salvator Rosa, un peintre du 17ème siècle.

Les autres artistes  comme Jérôme Bosch et Jacques Callot, se bornèrent plutôt, selon moi, à exacerber leur imagination pour représenter les démons comme des monstres composites sans guère de référence aux textes de saint Anastase et Jacques de Voragine. leurs chefs-d'oeuvre sont néanmoins d'un intérêt exceptionnel.

A suivre

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