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vendredi 10 novembre 2017

ESTONIE-LETTONIE (14) : l’émergence d’une culture nationale,

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LA NAISSANCE D'UNE CULTURE

Le problème était sur quoi baser la spécificité nationale que la classe nouvelle des Estes et des Lettons instruits recherchaient ? A l’inverse des germanophones qui considéraient qu’avant leur colonisation, les pays baltes n’étaient peuplés que de tribus sauvages, les Estes et les Lettons cultivés  développèrent l’idée qu’à l’époque de leur liberté, les tribus possédaient une civilisation d’une grande valeur que la colonisation avait dégradée. Ils voulurent reconstituer le passé.

En pays Lettons, Ils se mirent à collecter les dainas pour les étudier, j’ai cité l’importance de K.Barons dans cette démarche, elle fuit suivie en 1873, à l’époque de l’occupation russe, par le premier festival de chants de Riga  qui permit à ce peuple de prendre conscience de l’existence de leur culture  nationale.

Dans les pays Estes qui n’avait pas une culture des chants aussi ancienne que celle des Lettons, la renaissance de leur civilisation fut effectuée à partir des écrits finnois, langue apparentée à l’estonien et ayant une origine finno-ougrienne. (1) C’est ainsi qu’au milieu du 19e siècle fut écrite par R. Kreuzwald l’histoire de Kalevipoeg, un géant redresseur de torts, librement inspirée de l’épopée finnoise du Kalevala. Peu importe pour les nationalistes Estes que cet héros ne soit pas authentique, il devint un des symboles de la nation qu’ils espéraient voir se créer. A la même époque que l’on qualifie «  d’ère du réveil », la poétesse Lydia Koidula exprime son amour pour sa patrie estonienne et sa douleur de la voir asservie.

Voici, pour illustrer ce qui précède, quelques vers d’un poème de cette poétesse tirés de son recueil «le rossignol de l’Emajögi »

Jusqu’à mon dernier souffle,
Je désire t’aimer
Sentiers bordés de fleurs
Ma patrie embaumée

Tes garçons sont si sages
Si braves et si forts
Et tes filles fleurissent
Comme de jolies plantes
Ton vent et ton soleil
Te maintiennent en fleurs

Portant à mes paupières
Souvent percent des larmes
O mon pays espère
Car les temps changeront.

C’est ainsi que, dans ces deux pays occupés et opprimés, se développa la renaissance culturelle qui conduisit à redonner une identité aux deux peuples asservis  et aboutit à la création d’une nation. Elle eut pour origine la nostalgie d’un âge d’or qui fut en grande partie réinventé mais au lieu de se complaire dans cette nostalgie, elle déboucha sur l’espérance d’un avenir de liberté.

Cette démarche, accomplie en pleine occupation russe, tient quasiment du miracle !

   .1 Le précurseur de cette idée fut le poète KJ Peterson (1801-1822) qui traduisit en allemand la « mythologia fennica » eut  l’intuition que la mythologie finnoise pourrait permettre de reconstituer les mythes estoniens

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