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dimanche 8 octobre 2017

SOUVENIRS DES ANNÉES 1950-60 : la vie quotidienne (13)

suite de l'article précédent

Il me reste à évoquer, en conclusion de ce chapitre, une question fondamentale : était-on heureux à cette époque ? La réponse à cette question ne peut être que subjective, car propre à chacun ; en ce qui me concerne, la réponse est, sans conteste, oui. Ce n’est pas parce que j’ai  la nostalgie de ma jeunesse ou parce que j’ai gommé de ma mémoire tous les événements négatifs que j’affirme cela ; je me base plutôt sur des critères objectifs d’explication.

D’abord, les classes populaires ne vivaient pas,  pour la plupart, dans une société de consommation alors en gestation, pour deux raisons au moins :
   . Nous n’avions pas d’argent pour le faire, ce qui était un facteur rédhibitoire pour freiner les dépenses.
   . Surtout, les équipements que nous achetions étaient simples et robustes, ils duraient très longtemps, le plus souvent une vie entière, c’était le cas du linge de maison, du matériel électrique et, bien entendu, des outils manuels. S’il y avait une panne, on pouvait trouver sans difficulté un réparateur.

Dans notre famille, on partait d’un principe simple : on achetait que ce qu’on pouvait se payer en faisant des économies. Certes, il fallait attendre parfois longtemps, mais, quelle joie c’était, quand un nouvel équipement arrivait dans la maison ! On en profitait d’autant plus que le temps permettant de l’acquérir avait été plus long ! On ne cherchait pas à s’endetter pour avoir tout, tout de suite, on préférait attendre et ressentir la satisfaction d’avoir gagné, par son travail, un nouvel équipement.

Certes, certains recouraient à l’emprunt, soit auprès des banques,  soit auprès d’usuriers. On ressentait cela comme  un mauvais calcul car il fallait rembourser et payer de lourds intérêts qui nécessitaient de nouveaux emprunts et faisaient entrer les gens dans un engrenage infernal. Dans notre famille élargie, on avait plutôt recours à des prêts internes :  celui qui avait un peu d’argent « de côté » se voyait sollicité par ceux ayant un besoin ponctuel d’argent pour des prêts de courte durée qui étaient au plus vite remboursés.

Ainsi, notre vie quotidienne n’était pas troublée par les désirs insatiables du « toujours plus », ni angoissée par la perspective de rembourser ses prêts. On se contentait de ce qu’on avait, ce qui était le plus sûr moyen d’être heureux.

Certes, ce que j’ai écrit est un peu idéalisé, car beaucoup de gens se laissait déjà séduire par la société de consommation, mais, c’était plus vis-à-vis des autres que cela se produisait : ainsi, avoir une voiture, puis posséder une voiture plus grosse que celle de son voisin était une préoccupation que l’on trouvait partout.

De même, un certain nombre de familles géraient leurs ressources dans l’immédiateté ;  le jour de la paie, elles achetaient ce qu’elles avaient envie et se serraient la ceinture le reste du temps.

A suivre

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