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mardi 24 septembre 2019

LA TAPISSERIE DE BAYEUX, témoignage de la vie et des mentalités au 11e siècle (12)

HISTOIRE CHRONOLOGIQUE DES ÉVÉNEMENTS DÉCRITS DANS LA TAPISSERIE DE BAYEUX

LA DÉLIVRANCE D’HAROLD

Quand Guillaume,  duc de Normandie,  apprend la captivité d’Harold,  il décide d’intervenir ;  il le peut d’autant plus facilement que Guy est son vassal.

Quatre scènes correspondent à l’histoire de la délivrance d’Harold. A leur propos, il me semble qu’il apparaît une inversion de l’ordre chronologique :

Selon moi, il faut commencer la lecture par la scène où est mentionnée la phrase suivante : HIC VENIT NUNTIUS AD WILGEIMUN DUCEM (un messager vint au duc Guillaume)


Guillaume (4) est assis sur son trône présentant le même aspect que celui de Guy, il porte une épée levée en signe de sa puissance et, comme Guy, porte une longue tunique lui arrivant à mi-mollet et des braies (ou des chausses) à bandes molletières. Devant lui, se tient le messager (A) que l’on peut penser être d’origine saxonne par sa moustache. Il est à demi agenouillé comme il convient à un suppliant. Il est probable que cet homme est celui que l’on a vu dans la scène précédente quitter subrepticement le château de Guy. (Voir article précédent) Si c’est le cas, il est évident que ce messager demande à Guillaume de faire délivrer son maître.

Derrière Guillaume est représenté son château, ce château est semblable à celui d’Edouard et à celui où Harold a pris son repas avant son départ pour le continent. Il est ceint d’une courtine de pierre (B) surmontée d’un chemin de ronde (C) crénelé sur lequel se tiennent deux soldats et comporte des tours de coin (D). Dans l’enceinte du château, s’élève le donjon à deux niveaux : un niveau inférieur dont on n’aperçoit que quelques arcades dissimulées par le rempart et un niveau supérieur comportant la grande salle (E)  qui sert, comme les vignettes précédentes le montraient, à la fois de salle de festins et de salle de réception où se tient le souverain.

NUNTIL WILLEIMI (les messagers de Guillaume)  (F) sont alors envoyés dans le comté de Ponthieu ;  ils présentent le même aspect que les cavaliers qui accompagnaient Guy dans les vignettes précédentes : tunique descendant au niveau des genoux, lance, épée et bouclier décoré.


Ils se présentent devant Guy (3), l’un d’eux pointe son doigt vers lui en un geste qui pourrait sembler de menaces, Guy tient à la main une longue hache de combat, il porte un manteau, une tunique ornée  et des braies serrées au mollet par des bandes molletières ; il est probable que Guy veut impressionner les envoyés de Guillaume par sa tenue somptueuse.

On peut penser que la discussion dût être longue puisque, derrière les deux envoyés, les chevaux piaffent d’impatience, le petit personnage (G) qui tient les rênes des chevaux a bien du mal à les maîtriser.

Finalement les pourparlers aboutirent comme le montrent les vignettes qui vont suivre.

Sous la vignette représentant les pourparlers entre les envoyés de Guillaume et Guy sont figurés quatre scènes de travaux agricoles : 
   - (H) la scène de labour : les paysans utilisent une araire pourvue à l’avant de deux roues, c’est là que se tient un premier paysan qui conduit l’attelage tiré par un âne, derrière, un autre paysan tient le mancheron de labour, l’araire comporte un coutre et un soc, elle n’est pas pourvue d’un versoir et creuse simplement un sillon sans retourner la terre.
   - (J) les semailles effectuées à la volée
   - (K) le hersage avec une herse tirée par un cheval que conduit un paysan.
   - (L) la dernière scène montre un paysan pourvu d’une fronde chassant les oiseaux venant manger les graines.

Prochain article : LA DELIVRANCE D'HAROLD suite.



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