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mardi 26 janvier 2016

Les WAYANAS (12), amérindiens de Guyane.

LES MODES DE PENSEE TRADITIONNELLES DES INDIENS WAYANAS suite.

La deuxième  caractéristique est l'absence dans leurs civilisations de nos conceptions morales : M Hurault en donne de nombreux exemples :
     - l'adultère est répandu : si une femme est sollicitée par un soupirant, elle dira oui contre quelques cadeaux et profitera de l'absence de son mari pour céder à son prétendant ; le mari, s'il surprend sa femme avec un amant, entrera dans une violente colère mais généralement, il préfère ne rien savoir.
     - le divorce ne donne pas lieu à des querelles, si l'homme désire se séparer de sa femme, il ira dormir dans une autre case et vice-versa, c'est tout.
     - l'avortement est courant : si la femme est enceinte de son amant, si les jeunes filles ont des aventures avant le mariage, si la femme se juge trop faible pour avoir des enfants...
     - le respect des vieillards, le culte des ancêtres n'existent pas dans leur mode de pensée.

WAYANAS ET OCCIDENTAUX : DES COMPORTEMENTS ANTINOMIQUES

Ainsi, les comportements sociaux tout comme les modes de pensée des Wayanas sont aux antipodes de celles des civilisations occidentales :

    . Le problème du temps ne se pose pas chez les indiens, seul compte pour eux l'instant présent. À l'inverse, pour les occidentaux, le présent n'est ressenti que comme une résultante du passé et comme prémices du futur.

   . Le syndrome de l'heure, si prégnant pour notre civilisation, ne compte pas non plus pour les Wayanas. Nous passons notre vie la montre rivée au poignet, courant sans cesse comme pour conjurer l'implacable et inexorable avance des aiguilles du temps. Cette course contre la montre est doublement frustrante : d'abord, parce que l'on arrive jamais à faire tout ce qu'on voudrait, ensuite,  parce qu'elle brime l'impulsivité qui est en chacun de nous. Rien de tel ne se produit chez les Wayanas, ils se contentent de vivre au rythme de la journée avec un soleil qui se lève et se couche presque toujours à la même heure, avec un temps journalier chaud et moite et toujours semblable.

   . Le phénomène de causalité est pratiquement vide de sens pour les Wayanas alors que c'est un des moteurs de nos modes de pensée ; tout événement possède une cause dans le passé et aura des conséquences dans l'avenir ; les Wayanas ne peuvent appliquer cette contrainte puisque leur passé tout comme leur futur sont absents dans leur mentalité.

   . Le fait d'agir selon l'impulsivité du moment est, selon moi, commun aux Wayanas et aux occidentaux ; il suffit par exemple d'observer ces derniers pendant leurs vacances : ils passent d'une chose à l'autre selon un cheminement sans logique apparente, combien de fois entend-on des réflexions du type : pendant les vacances, je ne me donne aucune contrainte, je me lève quand je veux, je mange quand je veux... Ce comportement ressemble à celui des Wayanas qui agissent aussi selon l'impulsion du moment ; cependant, dans les sociétés occidentales, il ne peut se produire qu'à de rares moments de détente.

   . La notion de la satisfaction du désir et du refus de toute contrainte semble commun aux Wayanas comme aux occidentaux ( surtout depuis la perte de toute valeur morale depuis le milieu du 20e siècle) ; pourtant, cette ressemblance n'est qu'apparence, les Wayanas peuvent agir selon leurs impulsions du moment puisqu'ils n'ont pas d'autres obligations que la satisfaction de leurs besoins physiologiques ; par contre, chez les occidentaux, le désir d'agir selon les impulsions du moment est sans cesse bridé par les multiples contingences de leur vie quotidienne. Le syndrome de l'heure et son corollaire l'obligation d'efficacité à tout prix, la course contre le temps, l'envie de posséder sont, entre autre, les impérieuses obligations qui limitent tout désir de sortir du moule dans lequel on enferme l'être humain de nos pays dit civilisés.

   . Le refus de toute contrainte au nom de son individualisme et le besoin d'assouvir ses désirs sont également communs aux Wayanas et aux occidentaux ; pourtant la mise en application de ces mentalités communes est foncièrement différente de l'un à l'autre.
          - pour les occidentaux, la satisfaction immédiate de leurs désirs est effectué en général au détriment des autres selon un aphorisme du type : " je suis libre de faire ce que je veux, peu n'importe que mes désirs soient réalisés au détriment de la liberté des autres", cette mentalité conduit à une volonté de puissance et de domination qui est un des moteurs de notre civilisation,
          - pour les Wayanas l'aphorisme devient : " je suis libre, je fais ce que je veux mais il ne faut pas que la satisfaction de mes désirs me conduisent à susciter la vindicte des autres qui créera un rapport de force qui me sera très désagréable"

Ainsi, l'analyse effectuée par M Hurault permet de trouver des caractéristiques mentales bien spécifiques des comportements humains antérieures à l'éclosion de nos civilisations industrialisées :
     . Absence de perspectives temporelles tout comme de projection dans l'avenir,
     . Représentation vague des phénomènes de causalité,
     . Détestation de toute contrainte et de tout conflit,
     . Équilibre entre l'impulsivité du désir et les déboires qui pourraient en résulter.

Peut-on alors penser que les wayanas peuvent représenter une illustration du " bon sauvage"  libre et heureux tel que l'avait défini Jean Jacques Rousseau ? Pas tout à fait car cette société, sans loi sociale et sans contraintes, ayant dès rapport sociaux pacifiques et vivant dans un parfaite égalité de fait, n'est pas exempte de règles ; elles émanent de leurs coutumes et de leurs conceptions du monde et vont induire de très nombreux "tabous", eux-mêmes conséquences de l'animisme et du chamanisme qui seront l'objet des prochains chapitres.

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