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mercredi 16 mars 2016

LA LIBERTÉ, FRUIT DE LA CONNAISSANCE DE SOI (8)


PRINCIPES ET JUSTIFICATIONS THÉORIQUES DE LA LIBERTÉ EN SOI Suite de l’article précédent

LES RÉFÉRENCES PHILOSOPHIQUES,

LES THEORICIENS DE L’OMBRE,

FREUD

Freud qui ne se considère pas comme philosophe mais comme clinicien, se sert des mêmes bases que Shopenhauer avec une séparation entre le monde conscient et l "arrière-monde" de l'inconscient auquel il ajouta un monde intermédiaire, la préconscience. Ce trialisme fut précisé en 1920 par un nouveau système de pensée avec apparition de trois appellations nouvelles : le ÇA, le SUR-MOI et le MOI.

Le ÇA est le réservoir de toutes les pulsions qui nous anime, c'est la partie la plus inconsciente de l'esprit humain, le réceptacle des désirs inavoués et refoulés, le réservoir des instincts, la partie la plus obscure de notre personnalité, c’est " une marmite pleine d'émotions  bouillonnantes" qui vont tenter de passer les barrières pour remonter à la surface. Le ÇA ne possède ni l'organisation ni volonté, il tend uniquement à satisfaire les besoins pulsionnels en se conformant au principe de recherche immédiat du  plaisir. Il est seulement régi par la libido ou par l'agressivité. Le ÇA comporte non seulement les pulsions qui découlent de sa vie personnelle mais aussi toute la mémoire pulsionnelle de l'humanité (meurtre du père primitif, histoire d'Oedipe...).

Le SUR-MOI comporte l'intériorisation de tous les interdits sociaux et parentaux, il est à la limite de la conscience et de l'inconscience et se forme à l'adolescence. Il fonctionne en tant que barrière et de censure aux pulsions émanant du ÇA en les empêchant de remonter jusqu'à la sphère consciente.

Le MOI est la partie de la personnalité qui assure les fonctions conscientes, c'est un esclave qui doit assurer la médiation entre trois maîtres, le ÇA, le SUR-MOI et le monde conscient. Il assure aussi la stabilité du sujet en l'empêchant au quotidien de se libérer de ses pulsions ; néanmoins, il n'arrive pas à tout contrôler car les pulsions peuvent remonter à la surface par le rêve et par les névroses.

Pour Freud comme pour Shopenhauer, la connaissance de "l'être en soi" est impossible : l'homme est esclave de son ÇA, de ses pulsions et de ses instincts. Pourtant, il existe une possibilité d'échapper à ces bouffées pulsionnelles que le MOI ne peut contrôler grâce à la psychanalyse ; celle-ci comporte deux étapes :
     - créer une ambiance propice de calme et d'écoute permettant d'amener à la conscience du sujet ce que le psychisme refoule en lui,
     - libérer en lui les psychoses en les transférant du sujet au psychanalyste.

Ainsi, Freud, tout comme Schopenhauer témoigne d’une vision particulièrement pessimiste de l'être humain : pour lui, il n'y a aucune échappatoire au ÇA, l'homme n'est ni libre ni même responsable des actes qu'il commet au nom des pulsions accédant à la surface. Ces propos doivent cependant nuancés du fait que Freud n'est pas un philosophe mais un clinicien sans cesse en contact avec des névroses ; c'est à partir de leurs exemples qu'il constitue ses théories ; selon moi, elles sont valables pour ces malades mais elles ne s'appliquent pas à l'ensemble des êtres humains. (1)

(1) Les vulgarisations des théories freudiennes,  basées essentiellement sur le concept d'inconscient inhérent à l'homme, expliquent les actes humains par des pulsions incompressibles de cet inconscient auquel on se refuse soi-même l'accès.

Ces théories sont triplement dangereuses du fait qu'elles sont mal comprises :
         - elles cantonnent l'homme aux faux-semblants du paraître et officialise  sa paresse puisque selon ces théories, on  ne peut accéder à son être qui est largement constitutif de l'inconscient,
          - elles rendent impossible toute liberté de l'homme puisqu'elles décrètent que l'homme est incapable d'accéder à cet inconscient par la voie de la raison.
          - elles donnent des explications simplistes (peur de la castration, complexe d'Œdipe.. ) qui n'ont rien à voir avec la majorité des gens.
          - elles excusent tout puisque l'on trouve toujours une justification dans l'inconscient de tout comportement criminel.

 Il suffit par exemple de constater  la manière dont les procédures de justice fonctionnent : la victime est en général laissée de côté et on s'intéresse surtout à la psychologie de l'assassin en tentant de sonder son inconscient pour trouver une explication à ses actes et donc pour lui trouver des circonstances atténuantes. Dans la perspective du "connais-toi toi-même", cette démarche est inutile et dangereuse comme le montrent les récidives de nombreux criminels.

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